La GALERIE SUZANNE TARASIEVE PARIS
est heureuse de présenter la deuxième exposition personnelle du
peintre français OLIVIER MASMONTEIL, né en 1973 et
originaire du Limousin.
A contre-courant, Olivier Masmonteil se consacre exclusivement aux
paysages et se positionne délibérément en marge
des effets de mode. Les huiles sur toile d'Olivier Masmonteil tirent
leurs racines d'un terreau typiquement français se nimbant d'un
charme irrésistible. Avec Pêcher l'eau, il fait référence à une
pratique de pêche à la mouche qui consiste à pêcher
en l'absence de présence visible du poisson, dans les zones
où l'on suppose le trouver comme dans les courants soutenus
et les parties ombragées des rivières.
Ainsi il traque le paysage comme un pêcheur ruse pour leurrer
le poisson. Il parcourt les étendues de la ligne d’horizon
la plus élémentaire aux insaisissables nuages capricieux
et imprévisibles. Il réinvente continuellement le paysage,
le devine plus qu’il ne le voit, le peint de mémoire,
rarement d'après nature.
Avec Pêcher l'eau, Olivier Masmonteil nous plonge dans une « traçabilité » des
paysages. Çà et là un ru, un gour, un ruisseau,
une rivière, des bosquets, des forêts de Mélèzes
et d’Epicéas, des reliefs de moyenne montagne des premiers
contreforts du Massif Central… Topographe et nomade, il baigne
ces scènes bucoliques dans une douce et intemporelle mélancolie
d’un souvenir vécu d’une enfance rurale passée
en Limousin. Tantôt une partie du paysage est ramenée
au premier plan et ses détails se fondent en bandes parallèles
aux couleurs électriques tandis que la deuxième partie
du tableau reste parfaitement réaliste; tantôt, des
ondes sinusoïdales se déversent sur le paysage tel un
stratus improbable qui par sa dynamique bouscule un ensemble de quiétude.
Il en résulte une atmosphère fantastique où ciel
et terre se confondent, s’inversent et fusionnent jusqu’à s’étendre
sur des formats grandioses (200x200 cm, 230x300 cm). Olivier Masmonteil
combine des paysages, les monte en panoramique rappelant l’âge
d’or du cinémascope où il revient au spectateur
de donner une interprétation, de projeter ses propres visions,
souvenirs et mythologies sur la toile et de s'interroger sur la présence
et la nature réelle de ces fluides et de ces bandes qui se
font miroirs de l'imagination.Olivier Masmonteil révèle
le fantasmagorique en jouant sur la lumière, pour la rendre
toujours plus étrange et intrigante. Son travail kaléidoscopique
se nourrit de ce qui a laissé des traces dans sa mémoire.
Des images se créent à partir d’accumulations
de souvenirs et d’observations, de la photographie du XIXe
siècle aux années 30 & 50, des toiles de grands
maîtres du XVIIe siècle comme les hollandais Jan van
Goyen ou Salomon et Jacob van Ruysdaël, les français
Nicolas Poussin et Simon Vouet.
Olivier Masmonteil a choisi d’emprunter des chemins de traverse,
des sentiers accidentés semés de clichés et
de lieux communs. Olivier Masmonteil réaliserait presque un
acte de résistance en refusant l'influence des usines à images
qui formatent une manière de voir et saturent les esprits.
Il se sert paradoxalement de toute cette pollution visuelle et la
recycle pour élaguer un nouvel Eden. La peinture devient un
périmètre de liberté où l’artiste
a pêché ses paysages dans toutes les composantes possibles
: mythologique, biblique, d’histoire, romantique, mélancolique,
réaliste, sublime, hallucinatoire ou fantasmagorique.
Natalia Grigorieva
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When is a landscape not a landscape?
In the new and fantastical large-scale paintings of Olivier Masmonteil,
a landscape
is always just a landscape—and never just a landscape. Nature’s
beauty plays against painting’s own strict formal virtues:
light, color, linearity. Representation and abstraction vie with
each other as dual—and equally powerful—polarities. The
works adhere to a logic and identity all their own: their world is
not the real, observed world, so much as they depict the artist’s
invented and inverted world—one in which time, place and identity
are fractured and recombined to startling and powerful effect.
[…]
This is the juncture where Masmonteil has rediscovered relevance:
manipulating once-familiar elements to achieve the destruction of
the familiar. In terms of natural reality, it is at the same time
believable and unbelievable. A square canvas is divided at mid-height
by a distant horizon line. Flats of green fields and mountains in
the far distance are lit with electrical brilliance, as white horizontal
clouds roll gently across the sky above. The foreground space is
considerably darker, eerier, as four vertical tree forms are cast
in shadow to the point of silhouette. A hazy bog-like body of fog
and water approaches in the foreground at the bottom, breaking into
individual brushstrokes of pure applied color. Here, strangely and
discordantly, four violet jet plumes zigzag their way toward a middle-distance
vanishing point, interjecting a sensation of velocity over an otherwise
still ground plane. Everything is as it seems—and nothing is
as it seems.
[…]
John Zinsser, New York City, Summer 2006
Text extracted from the essay Inventing Nature : The Paintings of
Olivier Masmonteil,
pulished in the catalogue of the solo show Pêcher l’eau.
John Zinsser is a lecturer on contemporary art at The New School
University in New York.
All quotes and citations are based on telephone interviews with the
artist, Summer 2006.
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