Née en 1976, Zoë Mendelson vit et
travaille à Londres. Après sa première exposition à la
galerie, cette artiste a participé à de nombreuses
expositions personnelles et collectives en Europe.
Wunderkammer est une exposition éphémère de
dessins muraux qui seront détruits au bout de deux mois. Pour
ce projet exceptionnel, l’artiste sera en résidence à la
galerie durant l’été pour réaliser une
exposition in situ, en recouvrant de dessins tous les murs de la
galerie. Depuis quelques temps, le dessin mural prend de plus en
plus d’importance dans son travail, comme en témoigne
l’oeuvre qu’elle a présentée à la
Fondation Cartier récemment. Les dessins muraux de cette exposition
seront les fantômes d’autres oeuvres sur papier ou en
trois dimensions que le visiteur pourra deviner à travers
leurs esquisses sur les murs.
L’esthétique rocaille de Zoë Mendelson est établie
autour de représentations ambiguës qui ont l’apparence
des motifs décoratifs victoriens des intérieurs anglais
mais où l’on découvre, en y regardant de plus
près, des scènes charnelles qui se confondent avec
les autres éléments de ces dessins exubérants.
En effet, aux enchevêtrements des corps s’ajoutent ceux
des végétaux étendant ainsi les territoires
complexes du désir. Les fleurs entrouvertes sont finalement
plus suggestives que les jeux sexuels des personnages féminins
qui nous invitent dans ce jardin des délices. L’artiste
joue avec notre inconscient collectif en nous présentant des
images oniriques très communes pour lesquelles on ressent
une certaine familiarité sans pouvoir vraiment identifier
leur origine.
Le titre de l’exposition, ’wunderkammer’, qui
signifie cabinet de curiosités, suggère l’idée
d’un assemblage hétéroclite d’objets les
plus divers, appartenant aux différents règnes : végétal,
animal et minéral. Par ailleurs, ce titre joue avec l’idée
de l’intime, caractéristique du cabinet de curiosités
dont l’accès est limité à un cercle restreint,
appliqué ici à une exposition où le spectateur
s’adonne à un plaisir voyeuriste tout en étant
immergé dans l’oeuvre elle-même.
Ainsi la question de l’intime est doublement présente
ici : aussi bien par l’idée du cabinet de curiosités
que les scènes érotiques fondues dans une abondance
végétale dans un univers délicieusement féminin
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