François Morellet, né en 1926, à Cholet
(où il vit et travaille), est un des artistes français
les plus connus internationalement. Il a découvert Max Bill
et l’art concret lors d’un voyage au Brésil en
1951. En 1962, il participe à la fondation du Groupe de recherche
d’art visuel (GRAV). Ses premières interventions monumentales
datent des années 1970. Il expose dans de nombreux musées
et lieux d’art français et étrangers ; en 2005,
il est présent dans l’exposition « L’œil
moteur. Art optique et cinétique, 1950-1975 » du Musée
d’art moderne et contemporain de Strasbourg ; le musée
d’Angers lui consacrera une grande exposition pendant l’année
2006.
«
Depuis cinquante ans, je me suis imposé de n’utiliser
que des éléments de la géométrie pour réaliser
mes œuvres d’une façon neutre et précise,
d’après des systèmes pré-établis
qui veulent être simples et évidents. En espérant
qu’après avoir éliminé la figuration, la
spontanéité, la sensibilité, l’égo,
enfin tout ce que l’on recherche habituellement dans une œuvre
d’art, il reste encore quand même quelque chose pour ces
amateurs bizarres et spécialisés que j’aime bien ».
extrait de « François Morellet, reConnaître. Quelques
courbes en hommage à Lamour ». Musée des beaux-arts
de Nancy, 2003
Chaque œuvre de François Morellet est à la fois
le résultat d’un systématisme (l’œuvre
résultant de l’application d’un système
prédéfini) et du hasard (puisque chaque proposition
est une des possibilités de l’application de ce système).
Ce « double jeu » produit des œuvres à la
fois très « construites » mais aussi très « fantaisistes »,
le titre contribuant à dévoiler, en partie, la règle
du jeu mise en œuvre dans chaque cas.
« Décrochage » est une pièce circulaire,
construite à partir de néons : un des fragments de
cercle semble vouloir se décrocher pour vivre son aventure
! Dans les pièces de la série « Strip-Tease »,
les bandes sont tantôt peintes, tantôt tracées
au crayon : ce sont à proprement parler des « bandes
coquines » : le tableau est à moitié habillé,
ou déshabillé ! Les angles d’« Hybride » sont
d’une nature indéfinissable, puisque tantôt formes
foncées sur le blanc du tableau, tantôt angles lumineux
avec le néon qui jouxte le tableau.
Toutes les œuvres de François Morellet sont rigoureusement
construites, jouant sur la géométrie et le calcul.
Mais, on l’aura compris : elles ne manquent pas d’esprit
!
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