Michele
Zaza est une figure aussi singulière
que forte de la scène artistique européenne des années
1970. Aux marges de l’art corporel, il y apporte une dimension
métaphysique. Il participe à la Documenta de Kassel
(1977, 1982), à la Biennale de Venise (1980).
Michele Zaza recourt exclusivement à la photographie. Sa première œuvre,
un portefeuille de cinq planches en noir et blanc, « Simulazione
d’incendio », documentait diverses actions réalisées
dans sa cité de Molfetta entre le 24 décembre 1970 et
le 10 janvier 1971, autour de l’heure de midi, dans l’intention
de simuler un incendie propre à déranger les tranquilles
habitudes dominicales. Mais dès ses premières expositions
personnelles, son matériau prend corps, singulier, éminemment
personnel.
Ce matériau, les éléments de son vocabulaire,
sont ses parents mis très simplement en scène, au visage
souvent peint, associés à quelques accessoires (symboliques
?), tels que le pain, la ouate, l’horloge, l’assiette,
l’ampoule électrique, mais aussi, plus tard, sa femme
puis, plus récemment, sa fille – et beaucoup lui-même,
mais « photographiant son corps comme il n’est pas ».
De la sorte, Michele Zaza synthétise en une seule prise de
vue (parfois) ou déroule en séquences multiples (ordinairement)
des récits qui construisent et restituent, tout à la
fois de façon très concrète (figurative) et
dans une formulation à fort indice d’abstraction, un
récit fondamental : celui de la condition humaine. Michele
Zaza suggère que c’est son histoire des origines, inventée
avec un certain esprit de révolte contre l’homologation
universelle : « L’esprit de rébellion est un hommage
que l’homme se rend à soi-même ».
Depuis une demi-douzaine d’années, Michele Zaza se
concentre sur le visage, le plus souvent apparié à la
représentation (toujours photographique) de sculptures-diagrammes.
Il ne cesse ainsi d’interroger l’archétype et
l’individu, de souligner le primat de l’identité et
de la vérité, « tradui[sant] en images cette
idéité de l’unité » perdue de l’homme
avec l’énergie procréatrice. La quête est
d’ordre philosophique, mais elle est visuelle, esthétique,
pour l’artiste, montrant que « seul l’art peut
substituer l’apparence à l’intériorité ».
Michele Zaza est né en 1948 à Molfetta près
de Bari dans les Pouilles, il vit à Rome.
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