Après trois expositions personnelles thématiques
en hommage au grand artiste américain disparu en 1990, c’est
aujourd’hui une exposition présentant l’œuvre
de Haring dans son ensemble que la galerie est heureuse d’organiser
en tant que représentant en France de l’Estate of Keith
Haring.
Figure emblématique de la scène artistique new-yorkaise
des années 80, Keith Haring incarne avant tout l’artiste « populaire »,
celui pour lequel l’art est destiné à tout le
monde et doit s’exprimer partout. Il peignait sur des murs,
sur des bâches, des toiles goudronnées, des objets ou
des éléments de décoration, sur du cuir, du
béton, du plastique comme du métal, donnant ainsi naissance à un
art multiforme, avec des œuvres très diverses. Il voulait
créer une iconographie à la signification universelle,
au travers d’œuvres identifiables et compréhensibles
par tous. C’est ainsi qu’il définit la figure
du Radiant Child, une silhouette humaine simplifiée à l’extrême,
qui incarne la vie, l’énergie, la joie et l’espoir
pour le futur, reconnue aujourd’hui par tous comme la « marque » Haring.
Les gens comprennent mon oeuvre, qui se lit comme un livre d’images.
Je donne des figures simples, mais en même temps complexes,
comme des idéogrammes. Haring utilise des symboles simples
et explicites, toujours les mêmes tout au long de ses 12 ans
de production artistique : le chien (la nature), les soucoupes volantes
(un pouvoir élevé), les ordinateurs et télévisions
(la technologie déshumanisante), les bâtons (instruments
du pouvoir), les serpents (l’énergie ou la menace),
les pyramides (civilisation et tradition anciennes), Mickey Mouse
(la culture populaire).
La pièce principale de l’exposition est une importante
peinture murale (2,7 m x 4,2 m) réalisée en 1986 sur
un mur de la boutique parisienne Jouets & Cie, montrée
une seule fois jusqu’à présent, lors de la rétrospective
The Keith Haring Show à la Fondation Triennale de Milan en
2005. Composée de figures animales et puériles peintes
en noir sur fond blanc parsemé de taches de couleurs vives,
c’est un parfait exemple de la joie de l’artiste à s’exprimer
au travers d’un univers enfantin et ludique, débordant
de joie et d’énergie, toujours en mouvement.
Une dizaine d’œuvres sur papier seront présentées,
dont certains Subway drawings, ces dessins à la craie blanche
sur papier noir réalisés dans le métro de New
York dès 1981, et d’autres dessins plus tardifs (1983 à 1990).
Toujours créées dans un style très graphique,
ces œuvres expriment ses réactions face à l’évolution
de la société contemporaine. On verra également
des dessins réalisés par Keith Haring lors des 24 heures
du Mans 1984. Cet ensemble sera complété par The Blueprint
Drawings, série complète de 17 sérigraphies
sur papier achevée début 1990, peu avant sa mort.
Initiée en 1985, la sculpture constitue un développement
logique de l’art de Haring et s’apparente à une
mise en forme tridimensionnelle et colorée de ses silhouettes
aux contours épurés. Nées pour la plupart de
mouvements empruntés à la danse, ces figures semblent « gelées » par
une lumière stroboscopique, tel le Self-Portrait (1989). Malgré leur
graphisme simple, elles sont issues d’une conception complexe,
avec un équilibre très étudié en termes
de volumes et de poids, comme le montre Julia (1987), et un jeu entre
espace positif et négatif, comme dans Stacked Figures (1987).
Grâce à l’adaptabilité de son trait et
de son graphisme, Haring passe naturellement de la peinture à la
sculpture, de la surface au volume et inversement. À cheval
sur cette frontière entre œuvre peint, gravé et
sculpté, on verra Untitled (3-D Pyramid), 1989, sculpture
exposée avec l’ensemble des 4 dessins originaux à l’origine
de sa conception, et Untitled (Concrete Totem), 1989, un bas-relief
sur une colonne de béton.
Dernier volet de cette exposition, le mobilier de
Keith Haring, qui répond à ce désir d’inscrire l’art
partout et dans tous les moments de la vie. Quand Haring découvre
le dessin dans le plâtre en 1989, il s’enthousiasme pour
ce medium. Plusieurs pièces seront achevées, dont les
plateaux de la Dining Table et de la Coffee Table, toutes deux de
1989, éditées en bronze à patine colorée
et marqueterie d’étain.
C’est cet esprit d’un legs universaliste que l’exposition
vous fera découvrir
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