Henri de Saint-Delis reste, en
effet, le poète
des ciels normands, des paysages de la Côte de Grâce,
des jeux de lumière sur l'Estuaire.
Il fut toujours d'une extrême modestie, partageant sa vie entre
Le Havre et Honfleur, peignant pour sa propre joie et montrant fort
peu ses oeuvres. Très lié avec Georges Braque, Raoul
Dufy et Othon Friesz, qui eux aussi furent élèves de
l'Ecole des Beaux-Arts du Havre, sous la direction de Charles Lhuillier,
Henri de Saint-Delis fut ensuite élève de Jean-Paul Laurens à l'Académie
Jullian.
Lorsqu'il s'éteignit en 1949, il était resté,
malgré son grand talent, presque ignoré. Puis, plusieurs
expositions importantes furent organisées à Paris et à Londres
et permirent aux très nombreux amateurs de De Saint-Delis, de
connaître l'ampleur de son oeuvre. Peignant toujours sur le motif,
il nous laissa des peintures très personelles, tant de Suisse,
où il fit à Leysin plusieurs séjours entre 1912
et 1920, tant de la Côte Normande, qu'il affectionnait au plus
haut point. Il excellait aussi dans l'aquarelle fluide où le
graphisme court à la façon des vagues ourlant les flots.
Cet art léger participe à l'intimité cosmique
du vent et des courants.
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