"Aujourd'hui les peintures de naufrages et
de scènes de batailles sont à nouveau devenu un moyen
d'exprimer l'importance de la passion et du désespoir ainsi
que la passion du désespoir. Elles sont liées à l'imagerie
de notre époque, occultée ou imaginée. L'école
académique a donné aux marines une place dans l'histoire
tout en définissant le genre.
J'aime venir de cette école et essayer de l'actualiser voire
même de la chambouler d'une manière comme seules une éducation
hybride et une vie au bord de la côte californienne peuvent le
faire.
Mes tableaux sont des champs de batailles où structures et significations
volent en éclats. Le point de départ de mes peintures
sont d'anciennes images conventionnelles de batailles navales et de
bateaux disparus. J'en fais une esquisse combinant parfois même
plusieurs batailles pour créer une image nouvelle, un collage.
J'utilise ensuite cela comme structure de base sur laquelle ma technique
picturale vient amplifier ou interpréter autrement l'image.
Ce vocabulaire de traits dessinés et peints implique de l'image
quelque chose de nouveau, quelque chose qui m'appartienne. Je redessine
l'image d'origine pour m'en souvenir. Ce procedé crée
un dialogue entre images anciennes et nouvelles, il deconstruit pour
ensuite reconstruire. C'est un va-et-vient direct entre représentation,
imagination et mémoire. Parce que la mémoire est affaire
d'individu, de subconscient et qu'elle se déplace en permanence,
je m'autorise à être librement subjective avec les matériaux
que j'utilise. Parfois, c'est la peinture elle-même qui fait
sombrer les images, parfois j'entraine mes tableaux de telle sorte
que l'image représentée se réduise à des
formes ou à des paysages abstraits donnant une perception différente
de l'espace, vieilli par le temps et qu'il est impossible de revisiter.
Mon travail se caractérise par la friction du changement et
les métaphores du désespoir. Mes peintures viennent d'une
histoire du langage et des lieux, d'accidents et d'attaques, d'amour
et de perte.
Tant au niveau de la forme qu'au niveau du contenu, de ce qu'elles
nous racontent, mes peintures capturent une passion qui devient violence
pour ensuite se transformer en chaos. Cet élément de
chaos est aussi ce qu'il y a de beau en elles. Elles deviennent alors
des ex-votos de choses disparues dans de merveilleux accidents."
“Whitney Bedford, Self-portrait”, in Tema celeste, n°103,
mai-juin 2004, pages 84-85.
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" Today, paintings of shipwrecks and battles scenes have once again
become an expression of both the importance of passion and despair
as well as the passion of despair. They are connected to a hidden,
or imagined, imagery of our time. Academia has marked a place in
history for naval paintings as much as it has editorialized it. I
like coming from this school and trying to update it, or even capsize
it, in a way that only a hybrid of educations and living on the edge
of the Californian coast can do. My paintings are battlegrounds on
which structures and meanings are torn apart. They start from the
old academic pictures of battles to form a new, collaged picture.
I then utilize this as a base structure on which my process of mark
making can further exaggerate or otherwise comments on the image.
This vocabulary of drawn and painted marks reclaim the image as something
new, something mine. I re-mark the source to remember it. This process
creates a dialogue between old and new images-it pulls apart and
rebuilds. It's a push and pull between direct depiction, imagination,
and memory. Because memory is individual, subconscious, and always
shifting, I allow myself to be liberally subjective with my materials.
Sometimes it is the paint itself that sinks the images. Other times,
I push the paintings to reduce their images to abstract forms or
landscapes that connote a different space, one aged by time and impossible
to revisit.
My work is characterized by the friction of change and metaphors
of desperation. they come from a history of words and places, of
accidents and attacks, of love and loss. In their storytelling and
mark-making, they capture a passion that becomes a violence that,
in turn, becomes chaos. This element of chaos is also what is beautiful
about them. The paintings become then ex-votos of things lost in "beautiful" accidents"
“
Whitney Bedford, Self-portrait”, in Tema celeste, n°103,
mai-juin 2004, pages 84-85.
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