Le vendredi
30 juin 2006, avait lieu à Bogotá le
vernissage de "The Day of Fruits & Black Clouds”,
une exposition qui ouvrait le projet STEPMOTHERNATURE_series. Elle
se tenait dans un espace indépendant appelé El Bodegon
(Magasin/Nature morte), hors du circuit artistique institutionnel,
et ne durait qu’un jour. Ce lieu est situé là où la
ville laisse place à l’installation spontanée
de maison par les pauvres : les favelas.
Ce projet tentait d’articuler la temporalité de l’événement – seulement
quelques heures – et le voisinage du lieu d’exposition,
en introduisant dans cette conjonction des messages relatifs à la
consommation de fruits et à la question de ses origines naturelles.
L’idée générale était de recréer,
d’une façon directe, la notion ordinaire de nature morte
(l’artiste utilise ici "dead nature” plutôt
que "still life”)
L’idée que je développe pour Brétigny
se centralise sur des fruits placés dans l’environnement
du centre d’art tel que le jardin, les espace mitoyens (comme
la médiathèque) et peut-être l’Edutainer.
Les visiteurs pourront prendre les fruits et les apporter à un
comptoir où ils seront pressés ou mangés tel
quel, selon les préférences. L’événement
sera similaire à celui de Bogotá, avec comme différence
qu’à Bogotá l’espace d’exposition était
vide, donc je devais construire une scène qui suggérait
un marché populaire.
Sur chaque fruit est fixé un autocollant avec une phrase
brève. L’autocollant est une réminiscence de
celui qui mentionne les marques et qui ornent la plupart des produits
dans les supermarchés. Les phrases confronteront les spectateurs à des
références de situations et de mini-histoires qui touchent
notre compréhension de la nature. Les fruits et les phrases
constituent une leçon conflictuelle mais fondamentale : la
nature dénaturalisée, disparaissant sous la domination
frivole de l’anthropocentrisme.
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