La 17e édition du Festival Est-Ouest de
Die, dans la Drôme, sillonne, visite, balise,
découvre le Sud Caucase du 15 au 24 septembre 2006.
Au Nord la Russie et la chaîne du Caucase, à l’Est
la mer Caspienne, à l’Ouest la mer
Noire et au Sud la Turquie et l'Iran : le Sud Caucase est bien délimité.
Il n’est pourtant
pas une entité, ni culturelle, ni linguistique. Il est même
peut-être un fantasme d’Européen.
Le Caucase est une mosaïque, un assemblage improbable d’ethnies,
de langues, de
cultures. Le regard que les occidentaux posent sur cette région
est tout à tour
romantique, compatissant, douloureux, souvent loin des réalités
qui seront présentées
pendant le Festival.
De l’héritage post-soviétique aux conflits actuels
en passant par les enjeux énergétiques eté
cologiques, les trois pays invités, Azerbaïdjan, Géorgie
et Arménie, ont cependant des
points communs. Tous trois sont confrontés aux mêmes paradoxes
: défendre leur
identité et leur particularité, et faire le constat qu’ils
ne peuvent le faire seuls ; avancer
vers les standards occidentaux et vivre la transition avec une telle
violence qu’il leur faut
souvent retourner aux traditions.
L’art et la culture, musique, cinéma, littérature,
théâtre, art contemporain, agriculture et
environnement expriment ces différences et convergences. Pendant
dix jours, les invités
du Festival partageront leurs cultures avec le public.
Deux fils conducteurs guident la programmation : les voisins (que tous
espèrent revoir un
jour) et la table (qui rassemble). Ils seront développés
dans les différents champs
artistiques.
A Die, dans la vallée de la Drôme, au pied du Vercors,
l’association accueille les cultures
contemporaines du Caucase. L’objectif de cette édition
est de faire la part belleà l’expression des diversités que nous y avons rencontrées.
C’étaient trois républiques de l’Union soviétique
qu’on disait unies dans la grande fraternité des
peuples. Trois pays de civilisations anciennes qui vivent aujourd’hui
leur difficile adolescence en se
tournant le dos, qui ont chacun leur langue, qui font semblant de ne
plus se connaître (…). Exconcitoyens
qui se déchirent dans les conflits interethniques, intertribaux,
et qui ont sécrété de
nouveau des centaines de milliers de personnes déplacées
(…). Pays désormais séparés. Sauf
qu’il reste, en chacun d’eux, une trace indélébile,
une mémoire tenace, le souvenir de la langue
commune, de la culture russe, du lien qu’ils eurent avec un puissant
Empire. Accouplés alors
malgré eux par un lien d’attraction répulsion,
rendu plus énigmatique depuis le divorce.
Nicole
ZAND, extrait de Ecrivains du maelström, revue meet n°3,
novembre 1999 |