À partir du 1er octobre 2010, sur une proposition
de La Criée centre d’art contemporain, le sculpteur
Cyrille André investit le Patio du Musée des beaux-arts
de Rennes et le jardin du Palais Saint-Georges. Avec cette exposition,
l’artiste visualise la problématique du déracinement.
Diplômé de l’École supérieure d’art
de Grenoble, Cyrille André développe depuis les années
90 une pratique singulière de la sculpture. L’utilisation
privilégiée du bois et le recours à la taille
directe caractérisent ses œuvres qui ont recourt à la
figure. Formellement éloignés de toute représentation
réaliste académique, les personnages et animaux de
Cyrille André nous livrent leur vision du monde. Taillés
grossièrement à la hache et à la tronçonneuse,
ces corps massifs et puissants imposent pourtant une lecture sensible
sur la fragilité de notre société. Le bois,
souvent traité de manière brute, est parfois associé au
plomb ou à l’aluminium, permettant d’accentuer
certaines zones anatomiques sans livrer toutefois de détail
identitaire. L’impression d’anonymat est renforcée
lorsque l’artiste choisit de recouvrir entièrement ses
sculptures de résine polyester noire.
L’exposition En Transit produite par La Criée se déploie
sur deux sites : l’espace du Patio du Musée des beaux-arts
de Rennes et le jardin du Palais Saint-Georges. Elle regroupe plusieurs
sculptures, dont certaines ont été produites à cette
occasion par le centre d’art.
Le Musée des beaux-arts de Rennes accueille quatre œuvres
inédites. Deux sculptures en résine polyester suspendues
par des filets remplis de ballons semblent littéralement flotter
dans l’espace. Deux sculptures de chiens en bois brut s’ancrent
solidement dans le sol du musée. Non loin de là, les
allées du Jardin du Palais Saint-Georges, accueillent un "Grand
Passeur" portant sur ses épaules un chien ainsi que deux
molosses. Réalisées en résine polyester noire,
ces sculptures confèrent une densité et une pesanteur
particulières au parcours des usagers du parc.
Avec cette confrontation plastique et visuelle – entre sculptures
ancrées au sol et œuvres aériennes - l’artiste
interroge les notions de migration et de déplacement. Cet état
transitoire se trouve renforcé par le double mode de présentation
des œuvres, qui induit un va-et-vient entre l’intérieur
du Musée et les extérieurs du Palais Saint-Georges. |