Balice
Hertling est heureux de vous présenter
les nouvelles oeuvres de Samuel Richardot.
Cette exposition est composée d'une toile grand format, d'une
série de toiles plus petites, et, nouveau chez l'artiste,
d'un collage.
Ce dont il n'est certainement
pas question au sein de ces toiles, c'est la recherche d'un paysage
entre figuration et abstraction.
Admettons que les motifs dans l'oeuvre de Richardot soient dérivés
de différents objets communs : des ciseaux, des nuages etc.
On peut parfois alors remarquer des zones qui trompent l'œil,
invitant les ombres narquoises de ces même objets, interprétés
; parfois encore, le processus de transformation projette de nouvelles
ombres, donnant naissance à un ensemble de symboles vacillants
qui, comme la forme du lapin sur la lune d'après la légende
chinoise ou les nuages chez Léonard De Vinci avec sa technique
du sfumato, seraient là, devant nos yeux ou non.
L'artiste s'intéresse aux déguisements en tout genre.
Le point focal de la réflexion étant la question de
temporalité. Ou plutôt, le déguisement comme
une sorte de retardement de la perception du temps par le spectateur,
offrant ainsi une expérience plus lente et dense du temps.
Celui-ci s'apparentant alors à l'expérience d'éternité,
et sa compréhension mystique et intuitive.
Richardot utilise une peinture liquide, très diluée,
qui non seulement prend place dans la toile mais se glisse entre
ses fibres. La surface peinte devient alors un objet vivant, organique
(ou plutôt l'artiste nous rappelle qu'il en a été ainsi
dès le début), et la peinture au contact de la toile
serait comme un être vivant, se mouvant devant nos yeux.
C'est au travers de ce
processus du temps ralenti, qui vérifie
et réfute le monde originel de ces faux symboles, et qui est
en outre déterminé par le hasard, que ces toiles se
présentent à nous, peut-être plus en tant que
peinture, au sens matière peinte, qu'en tant qu'images.
Texte : David Lewis (traduit de l'anglais) |