La maison rouge poursuit son cycle
de présentation
de collections privées et expose un choix d’oeuvres
dans la
collection du couple mexicain Isabel et Agustín Coppel. L’exposition
invite à explorer l’art mexicain
contemporain dans une perspective qui met en lumière à la
fois le dialogue intense avec les précurseurs
historiques dont il se nourrit et le paysage international où il
s’insère. C’est pourquoi la présentation
des
oeuvres s’articule autour de deux grands axes : d’un côté,
elle donne à voir une collection ouverte à la
dynamique mondiale qui irrigue l’art contemporain à l’heure
actuelle et, de l’autre, elle montre que la
collection Coppel reste tout aussi fortement attachée à un
ensemble d’artistes contemporains mexicains de
plus en plus nombreux et à un public national de plus en plus
large. L’objectif principal de l’exposition et de la
publication qui l’accompagne est de faire découvrir au
spectateur la façon dont la collection Isabel et Agustín
Coppel défend l’art contemporain aux deux échelons
national et international tout en poursuivant une
réflexion constante sur les différences fondamentales
qui existent entre les deux.
La collection Isabel et Agustín Coppel réunit des personnalités-phares
de l’art mexicain contemporain, tels que
Francis Alÿs, Melanie Smith, Gabriel Orozco, Abraham Cruzvillegas
ou Damian Ortega pour ne citer qu’eux.À partir de leurs oeuvres, elle remonte dans le temps pour tenter de
repérer les éventuelles sources d’influence et
d’inspiration, dans la démarche d’artistes comme
Gordon Matta Clark, Lygia Clark, Ed Ruscha et Helio Oiticica.
La collection se déploie aussi dans le temps présent
en accueillant de jeunes artistes de la scène internationale
dont la sensibilité artistique semble s’apparenter à celle
des Mexicains, notamment Tatiana Trouvé, Rivane
Neuenschwander et Terence Koh.
Expected Mexico Unexpected se propose ainsi d’esquisser une définition
de l’art contemporain mexicain grâceà un large choix d’oeuvres qui définissent à la fois
les contours de cette catégorie, et échappent en même
tempsà
une délimitation étroite. La collection Isabel et Agustín
Coppel (et l’exposition) reflètent une image
mouvante de l’art mexicain contemporain, en écho à une évolution
perceptible dans d’autres domaines de la
culture mexicaine comme le cinéma ou la littérature.
C’est une image mouvante multiple, complexe,
imprévisible, où tradition et innovation s’entrecroisent
constamment. Les surprises surgissent exactement là où le spectateur aurait sans doute attendu la platitude d’un
stéréotype.
L’exposition se divise en cinq grandes parties. Les oeuvres présentées à l’entrée
constituent une introduction
centrée sur l’idée de la frontière, par
quoi il faut entendre aussi bien la limite concrète de l’espace
d’exposition
que la contiguïté géographique avec les États-Unis,
une donnée fondamentale de la culture mexicaine
moderne et contemporaine. La deuxième partie établit
des rapprochements plastiques, par un jeu d’analogies
typologiques, entre des peintures, des sculptures, des vidéos
et des installations, tout en évoquant l’idée de«
mexicanité » par le biais de certains thèmes privilégiés
: la mort, les rapports ville-nature, la poétique de
l’artisanat et les incertitudes de la vie quotidienne. La troisième
partie, où domine une oeuvre de Tatiana
Trouvé spécialement réalisée pour cette
exposition, débouche sur deux salles adjacentes. L’une
souligne les
affinités de conception et de structure entre les différentes
oeuvres, tandis que l’autre suggère des
correspondances iconographiques qui réfutent les notions de
nationalisme et d’identité communautaire.
De manière générale, Expected Mexico Unexpected
s’attache à faire ressortir les relations complexes des
deux
dimensions nationale et internationale, de telle sorte que les artistes
non mexicains paraissent répondre aux
critères présumés de « mexicanité »,
tandis que les artistes mexicains n’ont de cesse de les contredire.
Par là,
l’exposition traduit bien la logique qui sous-tend la collection
Coppel et qui semble traverser tout l’espace
imprévisible de la culture contemporaine mexicaine.
Mónica Amor, commissaire de l’exposition
Carlos Basualdo, conseiller artistique
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