Cette
exposition est organisée par la Réunion
des Musées Nationaux, le musée national Picasso, le
musée du Louvre et le musée d’Orsay. Elle est
placée sous le haut patronage de Monsieur Nicolas Sarkozy,
Président de la République française.
Elle est réalisée grâce au soutien de > LVMH
Moët Hennessy . Louis Vuitton
Pablo Picasso se forme
très tôt aux règles strictes
de la pratique académique auprès de son père,
José Ruiz-Blasco, professeur à l’Ecole des Beaux
Arts et directeur du musée de Málaga, comme durant
son cursus (1893-1899) à l’Ecole des Beaux-Arts de la
Corùna, à la Lonja (Barcelone), puis à l’Académie
San Fernando (Madrid).
Dessins d’après l’Antique, statuaire et architectonique,
copies de toiles des grands maîtres espagnols, étude
de l’histoire de l’art européen sont au cœur
de cette formation, enracinée dans la tradition picturale
humaniste qui nous rappelle que Picasso est un peintre né au
XIXe siècle (1881). Académies, peinture d’histoire,
scène de genres, compositions épiques ou religieuses,
rendu bitumeux, grandes machines, concours, peinture officielle,
galerie de peinture, forment le quotidien, la référence
et la perspective de son apprentissage.
L’oppression ressentie par Picasso, jeune artiste virtuose,
qui ne dessina jamais comme un enfant mais eut immédiatement à se
confronter à Michel-Ange et Raphaël, nourrira pour longtemps
un désir de subversion qui le conduisit à la plus radicale
des innovations formelles, le Cubisme, comme à la fondation
de l’art moderne.
A la fois jeune maître académique (médaillé dès
l’âge de 19 ans) et acharné destructeur des formes établies,
Picasso mena sans discontinuer un dialogue tendu avec la grande tradition
de la peinture.
Sa posture n’est pas - comme chez d’autres artistes de
sa génération - le simple reflet d’une époque
en pleine mutation, mais un élément moteur, constitutif
de son projet pictural. Il opère depuis sa première
grande composition à sujet allégorique, Derniers Moments
(1896), jusqu’aux dernières toiles d’après
Vélasquez, Titien et Rembrandt, où règnent sous
les masques de mousquetaires, musiciens et matadors, le motif d’un
autoportrait obsessionnel. La période des « variations » d’après
Delacroix, Vélasquez ou Manet (1950-1962), forme l’épisode
le plus connu et explicite de cette démarche de relecture
critique qui traverse l’ensemble de son œuvre.
L’exposition Picasso et les maîtres présentée
aux Galeries nationales du Grand Palais se veut un premier bilan.
Quelque 210 œuvres se trouvent rassemblées pour l’occasion,
issues des collections les plus prestigieuses, publiques et privées,
nationales et internationales.
Confrontant passé et présent, au-delà des ruptures
stylistiques et des innovations formelles, l’exposition présente
dans un parcours croisant approches thématique et chronologique,
au gré de la peinture de Picasso et en la prenant pour seul
guide : Greco, Vélasquez, Goya, Zurbarán, Ribera, Melendez,
Poussin, Le Nain, Dubois, Chardin, David, Ingres, Delacroix, Manet,
Courbet, Lautrec, Degas, Puvis de Chavannes, Cézanne, Renoir,
Gauguin, Douanier Rousseau, Titien, Cranach, Rembrandt, Van Gogh.
Espagnols, Français, Italiens, Allemands, ces peintres forment
la trame plurielle d’un motif serré où la peinture
apprend de la peinture.
Un cannibalisme pictural
sans précédent est à l’œuvre
dans la démarche de Picasso qui érige en système,
la peinture de la peinture.
En rupture avec les procédés académiques de
transmission et de reproduction de la tradition - copie, paraphrase,
citation - cette méthodologie nouvelle place la peinture au
cœur de la connaissance du monde. Transposition, mimétisme,
détournement, dénaturation forment quelques unes des
figures de la stratégie déployée par Picasso à l’égard
de ses peintres de prédilection. Il aura ainsi fécondé le
modus operandi de la création moderne et contemporaine, la
tirant aussi parfois du côté de la duplication perverse,
de l’ironie et du pastiche.
Anne Baldassari, Extrait
de l’introduction au catalogue de
l’exposition
Simultanément, deux ensembles thématiques d’œuvres
de Picasso sont regroupés au musée du Louvre, autour
des Femmes d’Alger de Delacroix, et au musée d’Orsay,
autour du Déjeuner sur l’herbe de Manet.
Commissariat
Anne Baldassari, directrice du Musée National Picasso, Paris
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