La communauté humaine que
Patrick Mourral nous donne
à
voir se situe à la fois bien dans notre présent et en
deçà de notre société consumériste. À l’écart
de toute urbanité, dans une nature presque rêvée,
elle vit dans un entre deux mondes, un espace de possibles situé à l’interface
de nos idéaux et de la proposition d’un monde économique
tout puissant.
Ce mouvement constitue bien plus qu’une résurgence du
mouvement hippie. Il en est un prolongement hybride dont
les fondements sont établis sur l’exhortation des valeurs
humaines que peut rassembler la notion de partage. Les
habitants de cet archipel ont en commun cette volonté partagée
de quitter une vie sédentaire pour gagner une liberté oubliée
dans un désir d’authenticité et de spiritualité.
Dans un monde qui aujourd’hui nous propose des extrêmes
par l’affirmation d’un modèle sociétal qui
tend à s’unifier, et tandis que le nomadisme traditionnel
se dilue dans la sédentarisation; il est remarquable que de
tels contrechamps apparaissent, comme autant d’ouvertures vers
de nouvelles sociétés.
L’on pourrait croire le temps d’une saison à l’existence
d’une nouvelle Arcadie, pourtant ces nouveaux habitants ne sont
pas engagés dans une fiction. Au quotidien, les néonomades
ont affaire à des préoccupations communesà tous, l’argent sans être tabou, n’est pas perçu
comme un but en soi mais comme un moyen de parvenir, lorsque l’autarcie
atteint ses limites, à assurer le pain quotidien.
Patrick Mourral suit depuis dix ans dans leurs pérégrinations
ce groupe néo-nomade et nous offre aujourd’hui un témoignage
et une invitation à la découverte de cet ailleurs aux
tonalités chamarrées. Il met en action dans ses photographies
un témoignage et une croyance indéfectible dans la vie,
préférant « allumer une bougie plutôt que
de maudire les ténèbres » (Lao-Tseu).
Anne-Flore Mazet et Frédéric Moisan
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