Mike Nelson, artiste anglais né en 1967,
crée des installations complexes effectuées avec une
variété d’objets et de matériaux qui combinent
des références issues de la littérature, du
cinéma, de l’architecture et des échanges sociaux
et culturels. En entrant dans ses constructions, le visiteur est
immergé dans un monde entre réel et fantasme, pris
au piège d’un terrain permettant toutes sortes de libres
associations. Ces scénarios se manifestent de nombreuses façons,
souvent sous l’apparence de séquences de chambres interconnectées
et de couloirs. L’oeuvre est plus allusive que révélatrice
et entretient délibérément une grande qualité énigmatique.
Dans ses installations, Mike Nelson invite d’ailleurs à adopter
l’attitude d’un explorateur, ou du moins celle d’un
lecteur, puisque la succession des différents composants comme
la diversification des points de vue apparaissent comme autant d’agencements
de signes dans un système fictionnel. Ses dispositifs invitent
aussi le spectateur à s’intéresser à l’envers
du décor. Ensemble, ces éléments révèlent
le rapport qu’entretient Mike Nelson avec la parodie. L’idée
de pastiche permet de saisir la manière avec laquelle il met
en scène son travail et joue des clichés et des genres.
Il dit parfois de ses constructions qu’elles sont une tentative
d’aller à l’épuisement de son propre style
dans le sens formulé par Borges, dans l’introduction de
l’Histoire Universelle de l’infamie, lorsqu’il décrit
le style baroque comme un style qui épuise délibérément
toutes ses posssibilités et de ce fait se situe à la
limite de sa propre parodie.
Par ses choix d’objets et d’éléments architecturaux,
Mike Nelson cultive une esthétique du rebus et du débris.
L’aspect dégradé donne à ses objets une
qualité de vestiges qui sont autant des supports d’histoires
passées que des éléments pouvant se répéter
dans le fantasme. Le débris ou la ruine contiennent les notions
de temps, de transformation et de dégradation. Ces idées
récurrentes dans le travail de l’artiste font précisément écho
au concept d’entropie développé par Robert Smithson.
On trouvera parfois une autre référence au travail de
celui-ci, sous forme de clin d’oeil, dans le recours à l’artifice
du miroir comme moyen de créer une illusion et comme symbole
de projection mentale.
Suite à un court séjour à la Villa Arson, Mike
Nelson a été invité à construire un projet
dans la galerie carrée. Ce projet va certainement connaître
une extension hors des espaces du centre d’art.
Une résidence lui permettra de concevoir son projet ambitieux.
Commissariat : Frédéric Bonnet
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