Carte blanche est donnée à Gloria
Friedmann qui investit la totalité du musée avec un
ensemble d’œuvres pour la plupart inédites, conçues
en résonance avec celles de Bourdelle.
Initiée dans les années 80, l’œuvre de
Gloria Friedmann, qui vit en France depuis 1977, aborde à la
fois la sculpture, la photographie, le dessin, la gravure. La relation
entre nature et culture est au cœur d’une réflexion
qui en révèle et en interroge le caractère conflictuel.
Jouant la théâtralisation, juxtaposant matériaux
et objets, ses scénarios mettent en scène les représentants
du genre humain ou animal, évoluant entre tragique et grotesque.
La hardiesse et l’ingénuité de ces téléscopages
constituent une véritable injonction à une prise de
conscience.
Dès le Hall des plâtres, le visiteur est accueilli
par un immense pantin, Metropolis. Porteur de l’image d’une
foule anonyme, il s’agite sous l’action d’un mécanisme,
métaphore d’un pouvoir occulte ; non loin, un personnage,
Monsieur X, se présente vêtu des drapeaux des pays membres
du G 8.
Eux, des animaux, naturalisés tels que biches, aigles, cochons,
tortues, cacatoès, ou figurés sur un ensemble de gravures,
LSD, envahissent l’atelier du sculpteur tandis que dans l’appartement
de Bourdelle, l’artiste a disposé les éléments
d’une vanité : Hello !, Tic tac, tic tac….
Le couple Oryx + Crake occupe la terrasse surplombant
le jardin qui abrite, dans sa partie cachée, Garden-party, îlot
de recueillement et du souvenir.
Dans les salles en enfilade, Le Parfait Amour, figures
blanches et inquiétantes d’une mariée portée par
son époux, et La Matrix, personnage féminin portant
contre son ventre une sphère représentant la terre,
marquent un territoire dédié à Ecstasy, un travail
de peinture réalisé à l’occasion de cette
exposition.
Installés à la suite des bustes de Bourdelle, Les
Cosmonautes nous confronte à l’espèce humaine.
Ces bustes en terre cuite vernissée évoquent aussi
la galerie de portraits d’un musée.
Avec Cabaret des squelettes en métal peint rejouent les scènes
de l’amour et du suicide, avec un humour corrosif, devant les
bronzes des deux monuments commémoratifs de Bourdelle, le
premier érigé à Montauban, et le dernier Cours
Albert 1er, à Paris. Painting as a pastime constitue le point
d’orgue d’un « théâtre des matières » dont
les protagonistes nous réservent des surprises…
Commissaire
Juliette Laffon
Directrice du Musée Bourdelle
Musée Bourdelle
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