« Éclater, ça peut être
dangereux, un jour », pense le public.
Henri Michaux, L’Homme-Bombe.
Restricted Area est une proposition d’Anne-Valérie
Gasc initiée dans le cadre de sa résidence de création
menée de janvier à juin 2008. Elle propose tout simplement
d’assaillir, d’envahir, de prendre le contrôle
de la compagnie, grace à une opération de démolition.
La destruction et le siège du lieu ont déjà commencé durant
sa résidence. Il s’agit maintenant d’en finir.
Elle cherche à interroger la légitimité artistique
de ce lieu par rapport à son environnement urbain et social.
L’intérêt de la monstration publique de ce projet
réside dans l’ambiguïté qui s’installe
entre le simulacre et sa concrétisation.
Pour Restricted Area, Gasc Démolition (entreprise de l’artiste)
opère selon la stratégie de la sape en minant les sous-sols
de la compagnie. Élaborée avec l’aide technique
de Rida Lamjaj, spécialiste en foudroyage intégral
de bâtiments, l’opération consiste à mettre
en place le dispositif artificier nécessaire à l’effondrement
de la compagnie : affaiblissement mécanique des murs, tri
des matériaux de récupération, loge des cartouches
d’explosif dans les piliers de soutènement, positionnement
stratégique du poste de tir...
L’espace confidentiel des sous-sols de la compagnie est, pour
la première fois, ouvert au public, sous réserve du
respect d’un protocole de visite particulier (par groupes de
10 personnes accompagnées d’un membre du personnel habilité -
port du pass officiel d’accès au chantier obligatoire).
Le spectre de la démolition, mis en place par Gasc Démolition,
ouvre le champ des possibles devenirs de cet espace. Pour investir
le rez-de-chaussée de la compagnie, Anne-Valérie Gasc
a sollicité artistes et architectes qui ont travaillé ensemble
autour de cette contradiction interne au désir de faire œuvre
: détruire, c’est créer.
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