Cette
nouvelle exposition personnelle de Frédérique
Lucien à la galerie Jean Fournier réunit quatre ensembles
de travaux distincts réalisés par l’artiste entre
2006 et 2008.
Le premier regroupe des œuvres intitulées « Labium » (1),
réalisées en 2006. Il s’agit de sérigraphies
sur verre en tirage unique, éditées à l’Atelier
Eric Seydoux. Ces œuvres fortement colorées sont comme
une extrapolation formelle d’un dessin lié aux lèvres
d’une bouche.
Cette série est la genèse de travaux plus récents
qui sont ici confrontés ensemble. Le motif de la bouche est
alors décliné par la présentation de dessins,
exécutés au fusain noir sur de grandes feuilles de
papier Velin d’Arches, intitulés « Orée » (2)
mais aussi dans ses œuvres à contrario de plus petites
dimensions où seuls la découpe d’une feuille
blanche et un léger trait à la mine de plomb viennent
suggérer et évoquer ce même motif.
L’artiste énonce « Les lèvres viennent
de loin, de notes et de carnets des années 1990, tout comme
de nécessités actuelles de l’écriture
comme d’échos récents…Mais c’est
surtout une forme-figure pleine de ces qualités qui me porte
dans mon travail, formelles ou symboliques, y compris le dédoublement,
le découpage, le collage, la question de l’échelle,
mais aussi la sensualité, la physicalité »(3).
A ces deux ensembles vient
s’ajouter une œuvre intitulée « Simple
Temps » (2008) (4), soit un lé de toile non tendu de
5 m de hauteur, suspendu au mur de la galerie, où sont découpées
des formes végétales suscitant une opposition entre
le plein et le vide, la couleur rouge éclatante de la toile
et le blanc du mur, la dimension imposante de l’œuvre
et l’extrême légèreté et préciosité du
motif découpé. Fragilité et légèreté du
motif et de la ligne que l’on retrouve aussi dans la série
des «Xéranthème» (5), papiers découpés
de petits formats.
« Et c’est cette manière d’inviter la forme
au-delà de l’image qui vaut comme dépassement
du « sujet » naturaliste, et articule l’entre-deux
où se tient l’art de Frédérique Lucien.
L’image est souvent métastable, ouverte, labile, mobile
dans son échelle (mais pourtant déterminée dans
ses dimensions et son format). Elle s’ouvre dès lors
sur des qualités à proprement parler sensibles, en
ce qu’elles ont à voir avec le corps des choses et des êtres,
avec non l’enveloppe de l’image mais sa continuité dynamique,
fugitive, sensitive. Et elle entraîne avec elle tout son support
occupé non pas seulement dans sa surface mais comme un objet
complet, dense : au point que l’artiste ne se reconnaît
pas l’idée du tableau, trop identifié sans doute à l’idée
de plan, de frontalité, préférant en parler
en termes de dessin dans l’espace »(6).
Cette exposition présentera également une suite de
dessins exécutés à la mine de plomb et au pastel
gras sur des papiers calques que l’artiste superpose, jouant
ainsi sur les courbes des lignes et la transparence.
A l’occasion de l’exposition à la galerie un
catalogue est publié avec un texte de Christophe Domino, éditions
Panama Musées et Galerie Jean Fournier.
(3) extrait de l’entretien de Frédérique Lucien
Christophe Domino paru dans le catalogue de l’exposition.
(6) extrait du texte de Christophe Domino paru dans le catalogue
de l’exposition.
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