Après s’être fait connaître
par des paysages d’intérieur mêlant ruines romantiques
d’usines et tapis de verdure en vraie moquette, Didier Marcel
poursuit son exploration du territoire en poussant par les forêts
et par les champs. Loïc Raguénès agrandit et peint
des images tramées de toutes sortes (de Chapi Chapo à Hokusaï)
comme s’il voulait tout à la fois nous raconter une
histoire et brouiller les pistes. S’il fallait leur trouver
un point commun, ce serait celui de travailler dans les à-côtés,
les blancs de l’image ou de l’histoire.
Invités par les commissaires du Master de Paris IV à exposer
au Bétonsalon, ils ont choisi d’attaquer en force ce
nouvel espace pour y bâtir une utopie d’un mois. L’utopie,
est-il besoin de le rappeler, est toujours la critique d’un
monde existant en même temps que l’affirmation d’un
modèle alternatif. Dans ce nouveau lieu, Marcel et Raguénès
veulent construire une féerie moderne : un sol marqué pour
un paysage vibrant, des arbres à l’écorce délicatement
poudrée, des images neigeuses faites de petits points. Un
album à colorier qui prendrait vie sous nos yeux. Construit à la
façon d’un jardin zen, les mots et les idées
pourront venir y circuler librement et même parfois s’y
poser.
Le projet d’exposition naît d’une invitation lancée à l’artiste
Didier Marcel par le Master professionnel « L’art contemporain
et son exposition » de Paris IV. Appelé à exposer
dans les espaces du Bétonsalon, Didier Marcel a élargi
son rôle en proposant une collaboration à Loïc
Raguénès. Plutôt que de réunir des oeuvres,
il s’agit de fonder un propos commun à partir de productions
nouvelles.
Grâce à l’accueil et au soutien de Bétonsalon,
jeune centre d’art et de recherche logé dans l’ancienne
Halle aux Farines du XIIIème arrondissement, et qui a mis
les pratiques curatoriales au coeur de sa réflexion, des activités
multiples seront développées autour de l’exposition.
Celle-ci se construit à travers un dialogue constant entre
artistes et commissaires, afin de tisser en parallèle un travail
de médiation (visites, débats, projections associées)
et multiplier les angles de vue (du merveilleux médiéval à l’écologie).
Dans la logique d’expansion propre au projet d’exposition,
l’environnement des artistes réactivé dans d’autres
espaces révélera des configurations insoupçonnées.
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