Après
son intervention remarquée à la
Biennale d’art contemporain de Venise en 2005,
le catalan Muntadas est aujourd’hui largement reconnu sur la
scène artistique
internationale. Suite à des études d’architecture
et d’ingénierie à Barcelone, il s’oriente
dès 1971 sur le médium vidéo, puis s’installe
aux Etats-Unis. Abordant des moyens
résolument contemporains, la photographie, l’installation,
le son, le multimédia, internet, il
engage un travail critique avec une dimension sociale ou politique,
faisant apparaître les
enjeux cachés et les stratégies ambiguës derrière
les images publicitaires ou la
télévision. À partir de 1988, il interpelle dans
une série d’installations, les tics, les
gestuelles, les rituels médiatiques. L’artiste décortique
les enjeux réels ou supposés qui émanent d’une
autorité spirituelle économique ou
temporelle. Par ses propositions formelles bien contemporaines, il parvient ainsi à redonner
une lisibilité là où bien
souvent le message nous échappe, et dénonce ainsi le
langage formaté des stratégies
et des outils de communication. Dans les années 90, c’est
sur l’espace public-privé qu’il
intervient en projetant des images et des slogans. La maison, la notion
de « chez-soi »,
la rue, les stades, la ville/musée seront les sujets d’un
nouveau travail, mais toujours en
rapport à une agglomération ou un espace d’exposition. À la
fin des années 90, avec« On translation », Muntadas s’interroge sur le devenir d’une
phrase soumise
successivement à 23 traductions sur Internet sans en retrouver
le sens originel. Les
dernières recherches de l’artiste impliquent autant l’architecture
comme symbolique que la
notion de mass média. Le spectateur est alors autant convoqué dans
des formes de
statistique qu’en tant qu’être dans sa capacité à se
questionner.
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