I take off my skin La quête du sens Articulée
autour de trois vidéos mettant en scène la comédienne
Charlotte Rampling, l'installation de Myriam Bornand “I take
off my skin” nous entraine dans l’univers de Lewis Caroll,
celui de la quête du sens et par là même du non
sens.
Dans la première vidéo, la comédienne est debout,
immobile et silencieuse, une paire de ciseaux autour de son cou comme
une menace, dans la deuxième vidéo la parole est présente,
déstabilisante. Dans la troisième vidéo, Charlotte
Rampling ne nous fait plus face mais le geste s’est ajouté à la
parole, un geste définitif.
Omniprésente, l’image de l’actrice focalise et
détourne l’attention, perturbe les jeux de la lecture,
de l’autre côté de la représentation et
ce que le spectateur y trouva ....
Au delà de la présence scandée du portrait
de la comédienne, un texte posé comme une énigme
interroge le regard, extrait de la chanson du jardinier dans Sylvie
et bruno, le dernier ouvrage de Lewis Caroll, le même texte
dit par Charlotte Rampling dans la vidéo numéro trois,
cette succession de lettres mises bout à bout perd son sens
littéraire pour faire œuvre au sens plastique du terme,
et c’est au terme du visionnage de cette dernière vidéo
que l’on pourra retrouver la signification de la strophe du
pasteur Dodgson, si tant est qu’il y en ait une.
De toute manière, comme le disait Alice, il ne faut pas trop
se soucier du lieu... pourvu qu’on arrive quelque part.
Gilles Deleuze, qui dans “Logique du sens” analyse longuement
l’œuvre de Lewis Caroll, nous aura prévenu, dans
le sens et dans le non-sens, “ le plus profond, c'est la peau “*....
Autant s'en débarasser ....
*Emprunt de Deleuze à Paul Valéry... |