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Ralph Rumney
Expositions > Arts plastiques
du 19 novembre au 31 décembre 2010

Ralph Rumney, 1956
 

La galerie Lara Vincy présente la seconde exposition personnelle de Ralph Rumney (1934-2002) à Paris après celle de 1999. Des œuvres de différentes périodes seront proposées : des peintures abstraites depuis les années 50 ; des œuvres réalisées à la feuille d’or ou des peintures de la série des têtes (Head series) du début des années 60 et d’autres plus récentes, moins géométriques, également avec des feuilles de métal : L’Ecart ; des compositions de la série Autres choses (1984/85) laissant apparaître des parties de seins ou des sexes féminins ; des œuvres atypiques à partir de paquets de cigarettes ou de photographies ou encore une Carte du tendre avec des empreintes de rouge à lèvres (1995).
Un catalogue conçu et réalisé par les éditions Allia accompagné d’un texte écrit par Michèle Bernstein (ci-dessous) sera publié à cette occasion.

RALPH RUMNEY - LA VIE D'ARTISTE

Quelque part dans son livre d’entretiens autobiographiques, Le Consul, Rumney parle du peintre Manzoni : “… il était encore plus jeune que moi (…) Un soir où j’étais chez lui, je lui ai dit : Si tu veux être artiste, ce n’est pas en faisant des tableaux que tu le deviendras. C’est en vivant une vie d’artiste.” Comme toujours et comme tout le monde, quand il parle des autres, c’est de lui qu’il parle. On peut dire que les tableaux étaient importants dans la vie de Rumney, mais que la vie elle-même, avec ses splendeurs et ses aléas, fut plus importante encore.

Ça commence comme un conte de fées. Une enfance dans un grand presbytère pauvre, en plein pays des Hauts de Hurlevent, avec la lande autour. On ne fait pas plus romantique (Dolto, est-ce que ça marque ?). Il n’est pas né avec une cuiller d’argent dans la bouche, mais un livre de bibliothèque. Fils d’un pasteur socialiste, il cherche plus extrême, devient communiste, va vivre chez le grand pasteur marxiste du pays, qui l’adoube. (En fait, quarante ans après, dans sa grande maison pleine de tableaux superbes, E. P. Thompson avait encore sur le manteau de la cheminée une toile de ses dix-sept ans. Ça fait plaisir.) Reçu à Oxford, qu’il dédaigne ; passant par une “art-school” qu’il trouve tarte et laisse tomber, sa vie d’artiste ressemble assez au titre d’Orwell Dans la dèche à Paris et à Londres. À cette époque, je l’ai vu pour la première fois.

Continuons le conte de fées, Carabosse viendra plus tard. Une vingtaine d’années, déjà connu dans le Londres de la peinture d’avant-garde, où il a dû plaire aux uns et bien embêter les autres, que manque-t-il ? Une princesse. j.a.p. (Jewish American Princess) c’est Pegeen, blonde, autoritaire et fragile, fille de Peggy Guggenheim. Il l’aime, il l’enlève, il l’épouse. Et commence à mettre autant d’or sur ses tableaux qu’il y en eut sur toutes les icônes de Russie.

“J’ai découvert que l’on pouvait tirer de la feuille d’or une multitude de tons. Les nuances sont infimes mais passionnantes. En plus ce sont toutes des couleurs réfléchissantes… Au début, évidemment, c’était du toc, du cuivre, etc., mais j’ai progressivement découvert la vraie feuille d’or.” Argument irréfragable. On peut en chercher d’autres. Rumney était somptueux, hyperboliquement somptueux. Il semble “toujours avoir alterné entre la pénurie et une abondance presque absurde”, écrit de lui Guy Atkins. De l’or !

A-t-il vraiment appris à Yves Klein comment utiliser la fameuse feuille d’or ? C’est bien possible et technologique, puisque les idées circulent. A-t-il suggéré à Manzoni de se servir de sa “merde d’artiste” (les fameuses boîtes) pour épingler d’un seul coup l’art, l’artiste, le commerce de l’art et quelques autres petites choses qui ne vont pas bien dans notre monde ? Les souvenirs de cuite sont fumeux, on parle, on parle…

La même année, en 1957, c’est historique, Ralph participe à la création de l’Internationale situationniste. Il y joue un rôle non négligeable. Sûr, il en sera le premier exclu. Mais les notions qu’il avait déjà, purement situationnistes, de dérive, de détournement, de psychogéographie, lui restent bien entendu, l’accompagnent toute sa vie (d’artiste n’oublions pas). La rupture avec Guy Debord fut fracassante, l’amitié d’Asger Jorn, autre grand homme de l’affaire, ne lui faillira jamais.

Carabosse veillait. Dix ans après leur rencontre, la mort tragique de Pegeen bouleverse toutes les données. L’alcool, gai au début, prend de sales revanches. Pour les détails affreux et les règlements de compte sordides, se reporter, si l’on y tient, au livre et à ses souvenirs. Pour suivre son parcours sur le fil du funambule, les déséquilibres, les errances, les rétablissements spectaculaires (oui), il faut s’accrocher.

Il n’y a pas si longtemps chaque nouveau romancier, chaque barbouilleur émergent se sentait obligé d’avertir le public qu’il avait été gangster au Brésil, gigolo à Hollywood, soutier dans un baleinier, orpailleur dans une sierra. On restait sceptique. Quand on a lu un certain nombre de biographies de morts que l’on a bien connus, on sait qu’elles sont presque toutes fausses, biaisées, naïves ou menteuses. Quand on lit l’autobiographie de Rumney, quand on sait un peu de quoi il retourne, on la trouve par comparaison bien sincère. Pour le reste, il s’explique : “Un fait survenu dans ton existence, tu l’adaptes à quelque chose avec quoi tu puisses vivre. Je ne pense pas être une exception à la règle. La mémoire est donc sujette à caution. Les témoignages sont sujets à caution.”

Somme toute, l’aventure finit bien. Toujours Consul comme le consul de Malcolm Lowry, c’est-à-dire buvant comme un poisson, comme un trou, comme une éponge ; sans accepter aucune compromission avec ce qui ne l’amusait pas, créatif, autodestructeur, il a vécu plus longtemps qu’aucune justice divine (elle n’existe pas) n’aurait dû le lui permettre. Les vieux savent qu’on ne vieillit pas. Laissons lui le dernier mot : “Le dandy, en anglais ça a un sens, en français ça en a un autre. Je n’ai jamais très bien compris ce que ça voulait dire en français, mais je crois que ça pouvait s’assimiler au comportement de l’artiste.”

MICHÈLE BERNSTEIN
SEPTEMBRE 2010

 

Adresse :

Galerie Lara Vincy
47 rue de Seine
75006 Paris

Téléphone 01 43 26 72 51
Télécopie 01 40 51 78 88
Courriel contact@lara-vincy.com

 

Site Internet :

http://www.lara-vincy.com

 
 
 
 
 
 
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