Zilvinas Kempinas et Deimantas
Narkevicius, tous deux artistes lituaniens nés dans les années 1960,
sont aujourd’hui reconnus sur la scène artistique internationale.
Les installations de Zilvinas Kempinas s’appuient sur l’air
pour donner naissance à des formes ondulées aléatoires à l’aide
de bandes magnétiques. De puissants ventilateurs agitent et
soulèvent les bandes, créant des sculptures animées.
Comme dans l’art cinétique, les oeuvres de Kempinas
jouent avec l‘espace et la réflection de la lumière.
L’installation Airborne (2008), exposée au Frac Basse-Normandie,
se déploie dans l’espace d’exposition, et «le
ruban magnétique tournant dans l’air (...) peut être
perçu comme un dispositif cinématographique primitif
(...)». (Lorraine Dumenil) Ainsi l’œuvre de Kempinas
suggère la trace, la bande-vidéo portant potentiellement
la mémoire d’un enregistrement visuel ou sonore. Elle
renvoie également au cinéma, réduction d’un
art à sa technique en une sorte de métonymie. La simplicité du
procédé et la lenteur des mouvements participent à l’impression
de quiétude qui ressort de son œuvre.
Dans une autre salle, l’œuvre de Deimantas Narkevicius
dégage une «fausse» sérénité.
Celui-ci développe une pratique basée sur la vidéo
ou le film. L’essentiel de ses fictions ont lieu en Lituanie, à l’époque
soviétique et post-soviétique, et s’appuient
sur des images d’archives ou des histoires vraies pour interroger
la perception que l’homme a de l’Histoire et de son histoire.
Le scénario de The Dud Effect, film projeté dans l’exposition,
simule le lancement d’un missile nucléaire dans une
ancienne base soviétique implantée en Lituanie. Aujourd’hui
fermée, cette base impressionnante par son envergure est dans
un des rares parcs nationaux du pays. Se succèdent ainsi des
images inquiétantes où l’acteur, un ancien officier
russe, énonce froidement des ordres aux conséquences
consternantes, et des prises de vue des alentours. Malgré des
scénarios catastrophes, comme dans The Dud Effect, le rythme
relativement lent de ses films crée une atmosphère étrange,
comme apaisée.
La vidéo ou le film sont convoqués sous deux formes
différentes dans l’exposition. Supports de l’œuvre
dans tous les cas, ils déroulent leur histoire dans l’espace
d’exposition en une sorte de sarabande, au tempo lent. |