Ces
châteaux de sable, performance de l’artiste
le soir du vernissage
L’école municipale des beaux-arts/galerie Edouard Manet
et la galerie schleicher+lange (Paris) s’associent pour présenter
Lie detector*, une exposition personnelle de l’artiste britannique
Zoë Mendelson, en deux espaces et en deux actes : Illusion**
et Delusion***.
Zoë Mendelson se distingue principalement par sa pratique du
dessin qui, en perpétuelle expansion, se développe
de manière quasi organique sur les cimaises des galeries,
ou à l’inverse, se retranche dans de précieux
collages, peintures et dessins, parfois judicieusement placés
dans de vieux meubles ordinaires, reconvertis pour l’occasion
en cabinets de curiosités. Elle met ainsi en scène
un monde exquis, imaginaire et fantasmatique, proche de l’illustration
enfantine, dans lequel des scènes d’érotisme
féminin s’enchevêtrent avec une profusion de motifs
décoratifs d’époque victorienne, de style Rocaille,
d’emprunts au règne animal et au monde végétal.
De l’ordre de l’intime, son oeuvre, tout autant figurative
que suggestive, nous entraîne doucement mais inexorablement
dans les méandres de l’esprit, des rêves et des
obsessions, et des pensées paradoxales. Lie
detector. Act I: Illusion à l’école Municipale
des beaux-arts/galerie Edouard Manet réunit un ensemble
de nouvelles pièces – installations, objets, dessins
et collages – qui met en scène, avec humour et non
sans théâtralité, les principes de fabrication
des images mentales, fondés sur la rencontre entre subjectivité et
réalité. Les faux faisceaux lumineux d’antiques
projecteurs indexent de réels collages ou dessins accrochés
aux murs. Sur des étagères, des confiseries réalisées
par une pâtissière anglaise lors d’une performance
le soir du vernissage donnent forme et existence aux motifs décoratifs
de Zoë Mendelson. Plus loin, un buffet des années
20, également transformé en cabinet de curiosités,
abrite des dessins, des collages dans des caissons lumineux,
ainsi qu’une série de photographies dans laquelle
l’artiste reprend les poses des patientes saisies par Jean-Martin
Charcot à la fin du XIXe siècle.
Enfin,
un ancien fax déroule son rouleau de papier thermosensible
au rythme des envois de l’artiste, depuis son atelier londonien.
Les dessins qui s’y impriment sont transmis simultanément à la
galerie schleicher+lange et à l’école municipale
des beaux-arts/galerie Edouard Manet, créant ainsi un lien
entre les deux expositions, une sorte de troisième acte
virtuel.
Lie detector. Act II: Delusion à la galerie schleicher+lange
est conçue comme une architecture contenant des rêves
et des projections. Le projet prend source dans l’expression
britannique "bedlam". Le mot, dont le sens actuel est "confusion" ou "tumulte",
vient de l’ancien hôpital psychiatrique londonien,
le Bethlam Royal Hospital.
"Bedlam" a par la suite désigné tout asile
psychiatrique. Cette évolution du langage illustre la démarche
de l’artiste pour cette exposition, qui emploie ses collages
et dessins dans une perspective évolutive, en les mettant
en scène et en les transposant dans des caissons lumineux,
des structures affublées d’oeilletons ou de désuètes
jumelles d’opéra... Elle se penche ici, en particulier,
sur la notion anglaise de "delusion" (leurre, hallucination
du malade mental, illusion persistante). Cette superposition d’une
image intérieure à celle de la réalité objective,
est ici associée à sa pratique du dessin.
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