Laurent Fiévet (France,
1969) Juha Nenonen (Finlande, 1967) Jari Silomäki (Finlande, 1975)
proposent par le biais de la photographie (Nenonen et Silomäki)
et de l’installation vidéo (Laurent Fiévet)
des œuvres éloignées du registre documentaire,bien
qu’elles témoignent subtilement et insidieusement
de l’actualité européenne, de son paysage culturel
et politique, avec le dénominateur commun d’utiliser
le faux-semblant, les apparences trompeuses : Il s’agit
pour ces trois artistes de mettre en évidence
leur responsabilité de créateurs dans l’approche
du monde contemporain.
Laurent Fiévet, pour l’installation vidéo ‘Retour à Marienbad’ opère
un basculement, de haut en bas,
de certains plans du film d’Alain Resnais* : Il déplace
ainsi la perspective des images de ce film réalisé en 1960, et souligne par ce renversement l’état actuel
de la société française, près de 50 ans
plus tard,
ses errements, la perte de ses repères. Les installations
de Laurent Fiévet mettent en œuvre des
confrontations d’images, redéployées dans l’espace
et retravaillées dans le cadre de montages vidéo.
Organisées en séries thématiques, elles puisent
leur substance dans les univers de la peinture, du cinéma
et de la photographie pour opérer entre certaines images emblématiques
de notre patrimoine culturel
des rencontres toujours inédites. * ’L’année
dernière à Marienbad’, Alain Resnais, 1960.
Juha Nenonen a l’habitude de créer la confusion. Apparemment,
il ne se passe rien dans ses photographies.
Mais l’ambiguïté est bien présente sous
la surface. Nenonen se limite à trois types d’images :
la nature morte,
le paysage, le portrait, se référant ainsi aux genres
propres à la tradition européenne de la peinture.
Pour Juha Nenonen, une chose n’existe que si elle est nommée :
l’appareil photo n’est pas là uniquement
pour enregistrer, il crée son propre sujet. Nenonen ne croit
pas aux mots : Ses travaux ne portent pas de titre,
seulement une explication entre guillemets. Le propos de Juha Nenonen
est aussi d’examiner la systématisation,
la standardisation, la classification, en choisissant de photographier
des stéréotypes de la culture traditionnelle européenne.
Jari Silomäki présente un ensemble de photos de la série ‘Des
villes ordinaires, des jours ordinaires’ où il a photographié des villes d’Europe avec
une esthétique empruntée au reportage de guerre.
Il dit : ‘ Je photographie des personnes, des paysages
et des constructions selon une idée préconçue,
en choisissant la forme de la violence et de la guerre. Le jour où les
photos ont été prises peut être par
exemple un dimanche ordinaire, avec des promeneurs dans le parc Kaivopuisto à Helsinki.
Lorsque que
le spectateur est confronté à mes photos, exposées
en large panneau sur le mur, l'ambiance devient celle
d'une Bagdad, comme si ces clichés renvoyaient à la
sensation de chaos provoquée par la violence.
En regardant de plus près, le spectateur découvre,
notés sur chaque photo, le nom des villes et les dates :
Helsinki, le 4 mars 2007, Paris le 17 juin 2007, Berlin le 4 juillet
2007 etc. Avec des choix picturaux simples,
je transforme une situation quotidienne en une sorte de chaos.’
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