Le travail de Lucie Duval, artiste
québécoise,
présenté pour la première fois à la galerie,
s'est développé depuis quelques années autour
d'un objet usuel : des gants pour travailleurs, gants " made
in China " et vendus dans le monde entier. Mondialisation oblige,
tout se fabrique à moindre coût. Ils illustrent à eux
seuls toute une économie de marché où l'industrie
du textile fut l'un des premiers secteurs touché par cette
mondialisation. Mais ici, les signes sont déviés, ces
mêmes gants repris par Lucie Duval trouvent une nouvelle fonction.
Lucie Duval, coud ces gants entre eux, un à un, réalisant
ainsi des vêtements-sculptures/vêtements haute-couture
(ce sont aussi des " petites-mains " qui réalisent
les modèles créés par les couturiers). L'expression
fait main prend tout son sens. Ces mains-gants ainsi cousues enrobent
le corps, en esquissent ses contours, lui confèrent une présence
dans l'espace. Mains aimantes ou menaçantes ?
Lucie Duval aime détourner les objets et les mots de leur
fonction première révélant à la fois
ironie et contradictions de notre époque : ces vêtements/sculptures
s'accompagnent d'une série de photographies où l'utilisation
de mots vient en surimpression. Un mot en français est alors
mis en rapport avec deux traductions anglaises possibles, aux sens élargis,
afin d'insister sur l'ambivalence des signes selon les contextes
: MANŒUVRE : main d'œuvre non-spécialisée
ou ruse, machination. Le même mot selon son contexte peut avoir
des significations différentes, voire opposées. Les
photographies de Lucie Duval jouent sur ces deux plans : de simples
gants blancs s'assemblent pour former d'audacieux vêtements,
tandis que des mots en français et en anglais, en surimpression
offrent un univers de significations contradictoires, à l'image
de ces gants de travailleurs.
Lucie Duval est née en 1959 à Mont-Laurier, au Québec.
Elle vit et travaille à Montréal (QC).
Elle a fait ses études supérieures à l'École
des Beaux-Arts de Toulouse et a exposé régulièrement
au Québec, au Canada, au Mexique, en Europe (France et Italie)
et en Asie (Japon, Taïwan). Elle a été exposée, à la
Galerie Joyce Yahouda à Montréal en 2006, à l'Ambassade
du Canada à Washington DC en 2005, à Occurrence - Espace
d'art et d'essai contemporain à Montréal en 2003, Il
Centro de la Imagen à Mexico en 2001 (Comm. Sylvain Campeau
et Mona Hakim), Musée Métropolitain de Tokyo en 2000,
Passage de Retz à Paris (1999), Musée des beaux-arts
de Kaohsiung, Taiwan (1998)... Ses œuvres font partie de la
collection de prêts d'œuvres d'art du Conseil des Arts
du Canada et du Musée National des Beaux-Arts du Québec.
Actualité : Exposition personnelles : Mainmises au Laboratoire
de l'Agora à Montréal, 15 oct.-8 nov. 2008 et au Musée
de Baie-Saint-Paul (QC), 18 janvier - 3 mai 2009.
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