Huit
ans après sa dernière exposition à Paris,
Loïc Le Groumellec présente dans la galerie de l’Impasse
Beaubourg un ensemble de laques sur toiles récentes illustrant
ses thèmes favoris désormais classiques. Menhirs, mégalithes,
croix, dolmens se succèdent, révélant un univers
minimaliste à mi-chemin entre le sacré et le profane.
Depuis les années quatre-vingts, l’œuvre de Loïc
Le Groumellec tient une place particulière dans la peinture
française. Ses toiles saturées de blancs et de noirs
s’impriment immédiatement dans nos esprits par leur
beauté plastique et leur singularité. L’artiste
représente des symboles forts dans une gamme chromatique limitée
et définit ainsi un univers étrange baigné de
solitude et de mysticisme, de religieux et de païen. Comme l’explique
l’artiste, « ma réflexion est basée sur
des oppositions. Toute la structure repose sur ces conflits : poser
la peinture mais avec une technique de l’effacement au chiffon,
le noir / le blanc, la racine / l’élévation,
la déconstruction / la reconstruction, la masse d’un
religieux profane, la croix chrétienne et la croix tellurique. »
La peinture à la laque donne une brillance unique à la
toile. Cet effet est accentué par la technique d’effacement
utilisée par l’artiste qui applique d’abord une
couche épaisse de laque pour la retirer par endroits laissant
ainsi apparaître le motif. « La peinture doit enlever,
doit gommer des lectures parasites comme je le fais par ma technique
de l’effacement, qui a une grande importance dans ma relation à l’histoire
de la peinture. Elle consiste à épurer, à arriver
au presque rien, au minimal », explique-t-il.
La peinture de Loïc Le Groumellec est une peinture sans concession.
C’est un travail obsessionnel hanté par la spiritualité,
le sacré, où les motifs refusent toute projection psychologique
ou narrative. Ils sont représentés pour ce qu’ils
sont dans une démarche de recherche de perfection et d’absolu.
Le travail de Loïc Le Groumellec, né en 1957, a fait
l’objet de nombreuses expositions, notamment au Grand Palais à Paris
(1991), au Centre International d’Art Contemporain de Montréal
(1994), au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
(1995), à la Bibliothèque Nationale de France (2000)
et au CAPC-Musée d’Art Contemporain de Bordeaux (2001).
L’exposition de l’Impasse Beaubourg est accompagnée
d’un catalogue édité par la Galerie Daniel Templon.
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