"Les Cramées"
photographies d'Emmanuelle Guery
2007-2008
Emmanuelle Guery est née en 1965 en région parisienne
où elle vit encore, mais c'est à Marseille qu'elle
expose pour la première fois, à la Galerie du Tableau.
Est-ce une "fada", une "cramée" du 91
qui préfère les bagnoles quand elles sont brûlées,
défoncées, désossées, parce que, dit-elle, "dans
mes photos, je ne suis attirée que par ce qui est rejeté,
mutilé, en souffrance"? En fait, Emmanuelle Guery croit
simplement qu'il y a de la beauté, du mystère, du trouble, à dénicher
même dans les objets dont la société- notre société de
consommation et de compétition- ne veut plus. L'idée
n'est pas neuve, elle le sait, mais reste toujours d'actualité.
Elle s'attache à l'appliquer aujourd'hui à un de nos
emblèmes par excellence: l'automobile.
Elle trouve ses autos, "les Cramées", après
le feu et la casse changées, à cause de cela même,
en oeuvres uniques. Les matériaux ont fusionné ou se
sont imbriqués, de façon toujours aléatoire,
en provoquant d'heureuses trouvailles visuelles. Emmanuelle Guery
les a prises en photo, souvent de très près et à différents
moments du jour, comme si elle avait tourné, des heures et
des heures, presque amoureusement, autour de chaque carcasse. Ainsi,
elle nous emmène loin de l'objet standardisé, manufacturé pour
rejoindre un monde à part
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