François Marcadon présentera du
8 novembre au 6 décembre au Bureau d'art et de recherche,
un ensemble de dessins encadrés, entourant un personnage-autoportrait,
réalisé directement sur le mur à l'échelle
1. Un « word painting » (peinture de mots), apposé lui
aussi directement sur le mur, lui fera face. L'ensemble sera complété par
des dessins, se répétant à l'infini, comme un
papier peint fait main, développant ainsi le thème
du motif cher à l'artiste. Une rencontre avec l'artiste est
organisée le 22 novembre au Bureau d'Art et de Recherche.
L'exposition de François Marcadon est le premier volet de
la saison nantaise organisée par le Bureau d'art et de recherche,
grâce au soutien de l'artiste Régis Perray. Au printemps
2009, Hugues Blineau viendra clore cette programmation ouverte aux
artistes nantais.
Depuis 2008, le BAR oriente tout particulièrement ses recherches
autour de l'idée du dessin comme processus, comme mode ou
comme finalité, et multiplie ainsi les possibilités
de la rencontre – entre les artistes et le public, entre les
artistes eux-mêmes et entre les champs disciplinaires. Le choix
d'exposer ces artistes nantais n'est donc pas anodin puisqu'ils pratiquent
tous les deux, à leur manière, le dessin.
Les dessins à l'aquarelle de François Marcadon sont
des Vanités contemporaines. Comme un clin d'oeil à la
peinture hollandaise du XVIIe siècle, l'artiste se plaît à invoquer
l'ironie et le sarcasme. Mais à l'inverse des Vanités
du passé, aux couleurs sombres et pesantes, les siennes sont
fines et précieuses. Peintes à l'aquarelle, a priori
si douce et si légère, elles prennent à contre-pieds
celui qui les regarde, offrant des images beaucoup plus fortes et
inquiétantes qu'elles n'y paraissent. « Mon travail
se tisse autour d'une pratique quotidienne du dessin et présente
des images issues de mon imaginaire. Ce sont des apparitions fantasmatiques
extraites d'un' mythologie personnelle où se mêlent,
avec une violence poétique, l'organique, les corps, la mort,
la vanité, le non-sens, l'érotisme... », explique
François Marcadon. Ses dessins témoignent ainsi de
son intérêt tout particulier pour le corps humain qu'il
plie, tend, pend, écartèle, comme s'il voulait sans
cesse rappeler son caractère vulnérable et mortel.
Parallèlement à cette exposition, l'artiste présentera
du 17 novembre au 16 janvier un ensemble de vêtements en papier à La
Piscine-Musée d'art et d'industrie à Roubaix, sur proposition
du BAR. Initié en 2006, ce projet de François Marcadon
lui permet de déployer ses dessins en les envisageant comme
portables et « habitables ». « Le dessin quitte
son état de surface de projection pour un rapport directement
charnel entre un corps réel et le papier. Il devient ainsi
volume avec ses vides et ses pleins inhérents, renforcé par
d'éventuelles motifs de découpes dans le papier...
Le papier se révèle matière à habiller
et à déshabiller, tout en jouant avec la frustration
qu'un tel vêtement est importable et éphémère
du fait de son extrême fragilité : il se substitue alors
en un élément à fantasmer », développe
François Marcadon
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