Pour sa première exposition
personnelle à L’Espace A
VENDRE, Emmanuel Régent
nous dévoile un univers
singulier, dans lequel le
spectateur se retrouve
comme face au cri d’une
foule sans voix. Il ampute,
décale, met en suspens les
objets du quotidien pour
signifier autrement. C’està la 4ème sonnerie
que s’enclenche le répondeur,
c’est donc à ce moment
précis de silence que tout
peut arriver.
Dans le showroom, Hakima
El Djoudi propose une
autre forme de
manifestations, aussi fortes
que discrètes, avec ses
Petites armées.
Enfin, c’est le dessin aérien
de Karine Rougier sur le
tondo en façade qui
accueillera le passant.
Emmanuel REGENT
Dans ses dessins, peintures et installations, Emmanuel Régent
met en place des processus
d’apparitions instables. Il dissimule, décale, puis
nous invite à relier les morceaux.
Ses travaux apparaissent différemment suivant les instants,
quelquefois au hasard, par
l’intervention de l’observateur ou en fonction de la
météo. Il s’agit d’un travail discret,
parfois à la
frontière du visible.
«
Auteur de dessins au feutre et de wall drawings à la craie à la
limite du visible, Emmanuel Régent
pratique également la peinture sur le mode du retrait. Ses
images mutiques et souvent
incomplètes se donnent à voir à travers un subtil
système d’apparition et de disparition. Dans le
tableau « Licône », l’oeil ne perçoit
de loin que le cône noir situé au centre de la composition.
Puis
en s’approchant, il distingue le portrait discret d’une
jeune femme en train de boire, tracé à l’aide
d’une ligne mauve à peine plus foncée que le
blanc de la toile. L’image abstraite prend alors tout
son sens. Le dessin est ici réduit à l’essentiel
comme pour souligner la fragilité du visible. La
sculpture « L’autre jour » fonctionne à la
manière d’un présentoir tournant et tactile,
offert aux
doigts du public dans lequel un dessin chasse l’autre comme
autant de fragments successifs dont il
appartiendrait au regardeur de combler les absences. Jouant d’une
immense tache d’huile ayant
marqué le sol et l’histoire de la galerie Soardi, l’artiste
glisse dans un angle de la salle le dessin
discret d’une main versant un verre de vin. L’accident
est ainsi englobé dans l’oeuvre »*.
*Catherine Macchi de Vilhena 2006
Extraits du texte Quelques fois, E.C.B
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