Christine Laquet
Née en 1975
Vit et travaille à Nantes
«
Les images que [Christine Laquet] réalise en aquarelle grand
format ont l’insistance des images mentales
rémanentes qui résistent. Personnages pénétrant
dans la forêt, animaux sylvestres auréolés d’une
lueur féerique,
dans un bruissement végétal irréel (Wonderland,
2004), traces têtues et recomposées d’un réel
qui apparaît
morcelé, esquissant des narrations lacunaires, dont le sens,
décidément, échappe. Notre compréhension
butte sur
un indocile inconnu qui pourtant s’offre à nous, renouvelant
constamment ses efforts. (...)
À
l’instar des bêtes sauvages, ces images ne se laissent
pas apprivoiser d’emblée, mais exigent du temps,
d’autant qu’elle déjouent d’emblée
la fascination de notre oeil pour l’image leurre, celle qui reproduit
le réel mieux
que le réel. (...) Il y a beaucoup de plaisir dans le travail
de cette artiste, plaisir sensible et ludique, notamment
chez ces petites bestioles plumées, à la fois grotesques
et agaçantes, les Miquines (prononcer [mikuins]), gigotant
inlassablement au sol. La magie de l’inattendu n’a pas
déserté l’univers de Christine Laquet ; il y a
encore de la
place et une ferveur religieuse pour écouter le brame miraculeux
du cerf. »
Durant la résidence, Christine Laquet a travaillé autour
de la problématique de « l’enfant sauvage ».
Elle s’appuie
sur l’histoire vraie de Victor de l’Aveyron, cet enfant
sauvage trouvé par des paysans dans la forêt près
de Lacaune
qui le ramènent au Docteur Itard. Ce médecin tenta alors
une éducation pour en faire un enfant « civilisé »,
mais
en vain. L'expression « enfant sauvage » est apparue dans
le rapport de police de Guiraud et Constant de Saint-
Estève relatant la première et la seconde capture de
ce fameux « sauvage de l'Aveyron ».
Christine Laquet se fonde sur cette histoire vraie pour développer
un imaginaire multiforme autour de l’« enfant
animal ». Elle a enrichi au fil des mois son travail grâce à des
lectures parmi lesquelles Peau d’Ane de Charles
Perrault ou encore la course aux moutons sauvages d’Haruki Murakami
mais aussi des rencontres liées au
contexte de la résidence (citons le directeur de la segpa de
la cité scolaire Bellevue). Des rencontres qui
l’influencent et la confortent dans la création des pièces
présentées dans cette exposition.
Pour cette exposition, Christine Laquet présente des oeuvres
réalisées sur différents supports (vidéos,
photos,
installations) et crée un entre-deux mystérieux, un espace
où se mêlent allusions aux contes et histoires vraies
et
se développent des histoires empreintes à la fois de
réel et de merveilleux.
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