Né en 1943 à New-York,
Fred Sandback est un sculpteur singulier dans le paysage du minimalisme
américain. Tandis que Carl Andre, Donald Judd, Robert Morris
proposaient des solides en rapport avec les espaces
d’exposition, fondés notamment sur les notions de présence
et d’expérience, Fred Sandback avance une
pratique de la sculpture «sans intérieur» et à très
faible matérialité. Il réalise à partir
de 1967 des sculptures
ouvertes matérialisées par des fils d’acier, des élastiques
tendus ou encore des fils de laine colorée qui lui
permettent d’intégrer le volume de la salle d’exposition
et de proposer au spectateur une expérience unique de
la perception, entre le sensible et le mental.
Fred Sandback met en scène le vide. Il structure l’espace
et, bien que celui-ci demeure intouchable, ses
formes géométriques immatérielles en apparence
sont, en revanche, perceptibles. Leur transparence parfaite
permet une vision immédiate de l’extérieur et de
l’intérieur. Néanmoins l’artiste déclare
: «Les intérieurs sont
insaisissables. on ne peut jamais voir un intérieur. C’est
comme lorque l’on mange un artichaut, on ne cesse
d’en peler les dehors jusqu’à ce qu’il ne
reste rien, cherchant l’essence de quelque chose. L’intérieur,
c’est ce
en quoi il nous est seulement donné de croire, qui maintient
toutes les parties ensemble tel un tout, au moins
c’est ce qu’on espère.»
Le LIA présente dans la Tour de l’Isle du musée
de Grenoble une approche intimiste du travail du sculpteur
américain minimal ; ses sculptures de fil renvoient à la
question de savoir ce qu’il y a à l’intérieur
d’un solide,
et de ce qui se trouve à l’intérieur d’un
espace. Il s’agit de percevoir une forme par son périmètre, à l’aide
de croquis, de dessins d’études de photostats et d’oeuvres.
L’expérience dispensée par une exposition de
Sandback peut ensuite être emmenée partout : le spectateur
se retrouve en la quittant avec une perception des
espaces et des volumes plus affûtée.
Un parcours dans l’oeuvre de Sandback mis en scène par
Sylvain Sorgato et Elise Bureau, et orchestré par
Guy Tosatto et Cécile Brilloit à partir d’une collection
privée, de la collection du Musée de Grenoble, et du
FRAC de Bretagne.
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