«Le gode n’est pas un substitut du
phallus mais de la main, une main améliorée, survoltée.
L’embêtant, c’est sa forme, obstinément
phallique.
Un progrès de plus serait d’en inventer des mieux. Des
marrants. Des étranges. Des surprenants. Des
impensables. Des incroyables mais vrais délurés godelureaux
!» Cette exposition rassemble plus de 65 artistes à qui l’on
a proposé un jeu : la règle consiste à créer
individuellement un
prototype de sextoy. Les participants sont regroupés en deux équipes
: les hommes d’un côté, les femmes de l’autre.
Histoire
de confronter les fantasmes et les fantaisies propres à chaque
sexe.
Cette règle énoncée, les joueurs entrent dans
la partie. Les artistes ont passé l’été à cogiter,
tester, fureter, méditer pour nous
proposer un panel très large d’oeuvres sorties tout droit
de leur imagination, des objets tour à tour drôles, énigmatiques
ou
expérimentaux. Dans la lignée de L’objet-dard de
Marcel Duchamp, de la Princesse x de Brancusi ou encore La fillette
de
Louise Bourgeois, cette exposition est l’occasion de remettre à l’honneur
cet objet de plaisir souvent controversé dans
l’histoire mais d’une étonnante actualité,
en témoigne le nombre grandissant d’enseignes proposant
ces accessoires sous
toutes les formes et pour tous les goûts.
Ainsi, Enna Chaton transforme des nez moulés en jouets sexuels,
Léa adopte une pose languissante dans un pastiche de
L’origine du monde de Courbet, des escargots de Bourgogne en
plus. Thierry Joseph propose un manuel pour monter soi même«
la pompeuse » avec indications et schémas en bonne et
due forme.
D’autres propositions fonctionnent sur le mode ludique en parodiant
des objets de la vie courante. Caroline Tapernoux
détourne un coucou dans une oeuvre intitulée Vivement
minuit et Adrien Vescovi construit ses godemichés en légos.
Cette
dernière oeuvre présente la transition d’un jouet
d’enfant à un jouet pour adulte, un détournement
osé du monde de
l’enfance que proposent également les ballons sauteurs
pourvus de phallus de France Cadet.
Antonella propose un gode ceinture sans gode mais avec des bourses
démesurées, dans une exagération qui rappelle
l’esthétique de la statuaire africaine et son credo « Force,
virilité et fécondité ».
Certaines oeuvres sont également empreintes de poésie,
comme l’oreiller d’Emma Sacchet, présenté en
tant que réceptacle
des larmes et de la sueur et comme témoin de la vie intime.
La plume d’oiseau découpée en forme de phallus
d’Olivier Leroi
est à la fois jeu de mots et image humoristique.
L’exposition se veut une incitation à la curiosité érotique
par le biais de l’humour, de la poésie et de l’expérimentation.
L’inventivité est au coeur de ce projet. Les oeuvres présentées
permettent un passage en revue des différentes pratiques
sexuelles : fétichisme, sado-masochisme… ainsi que des
différents fantasmes en s’inscrivant dans une réflexion
sur la question
de l’esthétique et de l’érotisme avec plus
de soixante propositions différentes : aussi bien de la vidéo
que des installations,
du dessin et de la photographie.
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