Il était une fois et encore une fois l’Amérique,
toujours de retour comme si Nietzsche présidait à ses
destinées. Mais dans le paysage contemporain, une ville reste
le lieu emblématique, carrefour de toutes les rencontres et
de tous les essais et surtout le thermomètre et le tensiomètre
d’une actualité aussi bien marchande que purement artistique.
New York n’est pas la capitale des USA mais elle est sans conteste
le nombril de l’art contemporain mondial. La ville reste incontournable
et rien ne semble pouvoir la détrôner malgré les
impressions et les attentes sournoises que tout acteur extérieur
souhaite dans son for intérieur. Dans cette métropole
tentaculaire, les artistes affluent de toute part aussi bien des
autres états, que de l’étranger et l’émulation
sous tend l’intégrale de la scène new-yorkaise.
Et dans le contexte actuel un constat s’impose, les forces
de la globalisation présentes aussi dans le champ de l’art
laissent paradoxalement une voie assez large à des horizons
culturels qui s’efforcent d’y échapper. New York
n’est pas l’Amérique dit-on mais l’Amérique
a besoin de New York pour exister globalement ce que cette petite
exposition essaiera de démontrer sous la forme de quelques
tranches d’actualité à fort relent identitaire.
MATTHEW DAY JACKSON
Né en 1974 à Panorama City (Californie), vit et travaille à Brooklyn,
New-York.
Le travail de Matthew Day Jackson prend la forme d’anti-monuments
qui posent un regard critique sur nos icônes culturelles, pour
mieux adresser l’effet de « romantisation » des événements
politiques américains passés et actuels. Influencé par
la notion d’« art pour le prolétariat » héritée
du constructivisme russe, Jackson emploie des matériaux exhumés
de son passé, son atelier et sa culture au sens large, aussi
bien qu’une imagerie empruntée à l’histoire
américaine, à la mythologie amérindienne ou à l’histoire
de l’art. Chaque élément, qu’il soit matériel
ou symbolique, est dépositaire d’une signification à la
fois personnelle et universelle. Une fois assemblés, ces éléments
créent une structure narrative qui met en lumière la
foi de l’artiste dans les capacités rédemptrices
d’idéaux en apparence vieillots.
MARC GANZGLASS
Né en 1973 à Washington D.C, vit et travaille à Brooklyn,
New-York.
Marc Ganzglass présentera dans l'exposition son installation « Meteorite
Inclusions ». « En travaillant à l’usine
de fabrication de plomberie Kohler à Kohler dans le Wisconsin,
j’ai collaboré avec des chimistes et des techniciens
de l’usine afin d’inclure, dans une production limitée
de fontaines en fonte, des fragments de la météorite
Sikhote Alin (Sibérie, 1947). » Marc Ganzglass. « Meteorite
Inclusions » renvoie à deux histoires divergentes du
fer : celle du fer formé dans l’espace et celle du fer
tel qu’il a été développé ici sur
terre, comme matériau social. Cette oeuvre poursuit l’enquête
de l’artiste sur les sublimes ironies du matériau et
de l’industrie. Son élégance subtile et conceptuelle
suggère immédiatement une référence à l’urinoir
de Duchamp.
JILL MAGID
Née en 1973 à Bridgeport, Connecticut, vit et travaille à New-York.
Diplômée du MIT, Jill Magid est également une
ancienne résidente de la Rijksakademie d’Amsterdam.
Elle a bénéficié d’expositions personnelles
dans diverses institutions internationales, Musée d’Art
Contemporain de Taipei (2003), Tate Liverpool (2004), Stedelijk Museum
Bureau Amsterdam (2005), Sparwasser, Berlin (2007) et Centre D’Arte
Santa Monica, Barcelone (2007). Dans son installation « Auto
Portrait Pending », Jill Magid signe un contrat avec une société qui
lui permettra de devenir un diamant après son décès.
Le contrat spécifie l’accord autour de cette transformation
et donne les détails du diamant final. A sa mort, le diamant
sera créé à partir de ses cendres. Il s’agira
d’un diamant rond d’un carat placé sur un anneau
en or. Jusqu’à la création du diamant, l’anneau,
le contrat conclu avec la société, le statement de
l’artiste et le Contrat Bénéficiaire constituent
l’oeuvre d’art. « Auto Portrait Pending » attend
son collectionneur.
LAUREL NAKADATE
Née en 1975, vit et travaille à New-York.
«
Plus exhibitionniste que Madonna en concert et encore plus faussement
innocente que Britney Spears dans le clip de « Oops I did it
again », Laurel Nakadate explore, depuis sa sortie de l’université de
Yale, les stéréotypes liés à son identité féminine
nippo-américaine. Jouant d’un corps de lolita malgré ses
30 ans bien sonnés, l’artiste pousse à l’extrême
les fantasmes du spectateur masculin moyen, s’introduisant
chez les hommes qui l’abordent dans la rue (en général
de vieux garçons chauves et bedonnants) pour danser avec eux
une chorégraphie de Britney ou, en tenue de
Jeannette, leur proposer de lui fêter son anniversaire autour
d’un gâteau à la crème. Dans « I
want to be the one to walk in the sun » (2006), L. Nakadate
voyage dans l’Amérique des « truckers » et
de la country music, des hôtels de passe de la Nouvelle Orléans
aux stations-service de l’Iowa, en frottant son personnage
de Lolita aux paysages (séance de poledancing dans un parking
désert) et aux américains moyens rencontrés,
ainsi qu’à quelques animaux (habillée en soubrette,
elle se filme en train de se faire « prendre » la jambe
par un chien). » Isabelle Alfonsi in « 02 », automne
2007
MIKA ROTTENBERG
Née en 1976 à Buenos Aires, Argentine, vit et travaille à New-York
Mika Rottenberg crée dans ses images fixes ou animées
des scènes et des situations dans lesquelles des personnages
rejouent un théâtre sociologique fantasmatique qui emprunte
ses ingrédients à une iconographie de foire et offre
comme résultat un cabinet de curiosité où le
travail, les immigrés et surtout les femmes sont représentés
en avatars d’une réalité américaine à peine
travestie.
Mika Rottenberg est diplômée de Columbia University
(2004). En 2005, son installation vidéo « Tropical Breeze » a été montrée
dans l’exposition « Greater New York » à P.S.1. « Mary's
Cherries » (installation vidéo, 2004) a fait partie
de « New Works/New Acquisitions » au Museum of Modern
Art, New York et Dough (Oslo version) dans « Uncertain States
of America » au Astrup Fearnley Museum of Modern Art in Oslo. « Americans
in New York » est sa première exposition à Paris.
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Once upon a time in America and again, once upon a time, America
is eternally back as if Nietzsche was presiding over its destiny.
In the contemporary landscape, the American city remains an emblematic
place, at the crossroad of all kinds of encounters and attempts,
a true barometre of financial and artistic activity.New York is not
the capital of the USA but it is without any doubt the centre of
contemporary art in the
world. There is no avoiding New York, and it is unlikely it will
ever lose its place in spite of what
people from the outside may wish. In the metropolis, artists are
coming from all parts of the world,
from all corners of the USA, and emulation is what breathes energy
into the New York art scene. In
nowadays context one has to admit that the forces of globalisation
that can be found in the art world
too, paradoxically offer a wide berth to opposing cultural horizons.
It is said that New York is not
America, but America needs New York for its global existence. This
is what this small show will try to
demonstrate through a few slices of today’s art steeped in
identity.
MATTHEW DAY JACKSON
Born 1974 in Panorama City (California), lives in Brooklyn, New-York.
Matthew Day Jackson's work takes the form of antimonuments that turn
a critical eye on our cultural icons to address the romanticization
of America's past, current political events. Inspired by the Russian
Constructivist notion of "art for the proletariat", Jackson
employs materials scavenged from his past, his studio, and culture
at large as well as imagery culled from American history, Native
American mythology, and art history. Each element, whether material
or symbolic, carries a significance at once personal and universal.
When brought together, they create a narrative structure that illuminates
the artist's belief in the redemptive possibilities of seemingly
outdated ideals.
MARC GANZGLASS
Born 1973 in Washington D.C, lives in Brooklyn, New-York.
Marc Ganzglass will present his installation "Meteorite Inclusions".
Working at the Kohler plumbing manufacturing facility in Kohler,
Wisconsin; I collaborated with factory chemists and technicians to
embed iron fragments from the Sikhote Alin Meteorite (Siberia 1947)
within a limited production run of Kohler cast iron drinking fountains.
Marc Ganzglass "Meteorite Inclusions" embodies two divergent
histories of iron, one story of iron formed in space and the other
of iron developed here on earth, a social material. This work continues
his investigation into the sublime ironies of material and industry.
Its subtle, conceptual elegance immediately suggests a play on Duchamp's
Urinal.
JILL MAGID
Born 1973 in Bridgeport, Connecticut, lives in New-York.
A graduate of MIT, Jill Magid was an artist-in-residence at the Rijksakademie
Amsterdam. She has had solo shows in various institutions around
the world including the Museum of Contemporary Art Taipei (2003),
Tate Liverpool (2004), the Stedelijk Museum Bureau Amsterdam (2005),
Sparwasser, Berlin (2007) and the Centre D’Arte Santa Monica,
Barcelona (2007).
To realize “Auto Portrait Pending”, Jill Magid signs
a contract with a company to become a diamond when she dies. The
contract specifies the agreement for†her transformation and
the details of her eventual diamond. Upon her death, the diamond
will be created from the carbon†of her cremated remains. It
will have a round cut, weigh one carat, and be set in a gold ring
setting. Until the diamondÅås
creation, the empty ring setting, the corporate contract, the artist’s
preamble, and the Beneficiary Contract constitute the artwork. Auto
Portrait Pending awaits a Beneficiary.
LAUREL NAKADATE
Born 1975, lives in New-York.
“
More of an exhibitionist than Madonna during one of her showcases
and even more fakely innocent than Britney Spears in her “Oops
I did it again” video clip, Laurel Nakadate has been exploring
the stereotypes of her Asian-American feminine identity, ever since
she graduated from Yale. She uses her Lolita-like body (despite her
thirty years old of age) to emphasize the fantasies of the average
male viewer, in a quite humorous fashion: she enters random men’s
houses (in general, balding, paunchy bachelors who made a pass at
her on the street) to dance with them to one of Britney’s tunes
or she wears her Guide attire to have them sing a birthday song for
her. In the video-based work “I Want to Be the One to Walk
in the Sun” (2006), she travels across truckers’ America,
from New-Orleans’ kinky hotels to Iowa’s gas stations,
and confronts her Lolita character to landscapes (pole-dancing in
an empty parking lot), average Americans and several animals (dressed
as a French maid, she films a dog taking her leg for a mate).” Isabelle
Alfonsi in « 02 », fall 2007
MIKA ROTTENBERG
Born 1976 in Buenos Aires, Argentina, lives in New-York
Mika Rottenberg creates, in her fixed or animated images, scenes
and situations in which her characters play a sociological and fantasy-like
theater which draws from the iconography of the fair. Her works present
as a result a wunderkabinett in which labor, immigrants and especially
women personify an American reality that is barely disguised. Mika
Rottenberg received her MFA from Columbia University in 2004. In
2005, her video installation “Tropical Breeze” was included
in “Greater New York” at P.S.1 Contemporary Art Center. “Mary's
Cherries” (video installation, 2004) was included in “New
Works/New Acquisitions” at the Museum of Modern Art, New York
and “Dough” (Oslo version) was included in “Uncertain
States of America” at the Astrup Fearnley Museum of Modern
Art in Oslo. “Americans in New York” will be her first
show in Paris.
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