Œuvres récentes
Il s'agit de la seconde
exposition personnelle de l'artiste à la
galerie, après celle qui fut consacrée à son œuvre
graphique en 2003 en coproduction avec le Crédac, Centre d'art
d'Ivry-sur-Seine.
Ce nouveau projet permet de découvrir quelques-uns des tout
derniers travaux de Daniel Dezeuze. Il présente de nouvelles
pièces, dont la plupart forment des mosaïques colorées,
se situant en quelque sorte en suspension, en avant du plan du tableau.
En effet, devant la prolifération des images plates ou planes,
Daniel Dezeuze "fait donner la troisième dimension" et
poursuit ainsi sa redéfinition du tableau et de la peinture
: les Flèches, Pavillons et Peintures qui perlent, ici réunies,
en sont autant d’exemples.
Si ces travaux se réalisent à travers la peinture et
la sculpture “traditionnelle”, objets, installation,
découpages et œuvres en rouleaux lui donnent la satisfaction
d'une préhension tactile directe, où les découvertes
peuvent se faire à travers les manipulations.
Pour Daniel Dezeuze, l'art a toujours eu une fonction symbolique
dans les sociétés, absolument nécessaire : "Notre
société est avide de créativité, et la
démocratisation de l'art signifie que chaque individu, pour
le meilleur ou pour le pire, peut être un créateur.
Les vraies créations sont souvent noyées sous une avalanche
de productions. Est-ce que le temps sauvera le meilleur ?
Mais j'ai quelques raisons d'espérer. En effet si la politique
gère le ressentiment humain, l'art le digère assurément.
J'emploie ici ma formule art = digestion du ressentiment (de ce ressentiment
qu'a l'humain de ne pas être immortel).
Si l'art accomplit cette tâche obscure mais essentielle, il
se hissera au-dessus, ou au-delà, des religions."
Par sa démarche, Daniel Dezeuze vise à établir
une expérience qui ne serait plus de l'ordre du "saisir " mais
du "non-saisir" qui se rapprocherait de l' "otium".
Et l'artiste de déclarer : "Le Beau, selon Baudelaire,
est toujours bizarre. Il sera pour moi d'autant plus bizarre qu'il
restera lié aux risques que j'ai pris et continue de prendre à faire
rouler les dés jusqu'à découvrir leur septième
face, c'est-à-dire jusqu'à d'autres dimensions repliées
aux fins fonds de la matière."
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