À la
suite de Johnny Vingt- Trois [1] et Checkpoint [2],
Sarah Fauguet et David
Cousinard proposent une
installation entre sculpture,
architecture et décor.
Leur première exposition
personnelle à la Galerie
Anton Weller se déploie en
deux parties, dont Pandinus
Imperator est le premier
volet, Aequilibrium le
deuxième.
Investissant tout l’espace de
la galerie, les artistes
déploient un dispositif en
aggloméré (seul matériau
utilisé) dans lequel certainsé
léments se distinguent :
baptistère, blason, porte de
coffre-fort blindée, colonne aux accents totémiques.
Au-delà de l’unité formelle, s’opère
un jeu d’emprunts qui
compose un univers hybride.
Le traitement des volumes (massivité, rigidité, modularité) évoque
un art décoratif militaire, de propagande. Dans
le même temps, la présence d’un baptistère
nous introduit dans un espace sacré ; le blason peut aussi se
lire
comme une carte du ciel. Ces éléments évoquent
des attributs du pouvoir guerrier ou religieux. Malgré la
référence à des modes de conditionnement et de
contrôle, aucun parti pris subjectif n’est privilégié.
Tirés de la
réalité mais détournés de leur sens premier,
ces éléments d’une réalité totalitaire
fonctionnent pourtant ici comme
des signes à la connotation abstraite.
La galerie est accaparée par un emboîtement de volumes
qui prolifèrent ; l’espace d’accueil devient hôte
d’un
corps étranger, d’un organisme parasite, dont la prolifération
semble figée juste avant l’étouffement.
Entre sculpture et bas-relief, entre décor et architecture,
Pandinus Imperator ressemble à une parodie
d’esthétique totalitaire : une sorte d’ordre colossal
régi par l’impératif d’efficacité ;
un impératif absurde, puisque ici
tout est factice.
Pandinus Imperator est un scorpion, le plus gros du monde, mais dont
le venin, pourtant, n’est pas mortel.
[1] >Public,
Paris, 2005.
[2] Printemps de Septembre à Toulouse, 2007. |