Le travail de Bojan Sarcevic (né en 1974)
installé à Berlin, est très emprunt des questions
de construction, de déconstruction et de reconstruction. Curieux
des idéologies que portent les époques, il en rend
compte avec sensibilité et subtilité dans son travail
artistique qui se traduit en sculpture, vidéos, photographies,
interventions in situ, installation.
«
Only After Dark » (juste après l’obscurité)
est le titre générique d’une série réalisée
par Bojan Sarcevic en 2007.
Réunies pour la première fois au Crédac, il s’agit
de cinq propositions différentes, construites à partir
de mêmes éléments : un film (16 mm), d’une
durée allant de 2,15mn à 2, 47mn - accompagnées
d’une musique acoustique originale (cuivre, piano, corde…)
par Carol Peters pour deux d’entre eux et Ulas Ozdemir pour trois
autres. Les films sont projetés dans cinq pavillons-sculptures
dessinés par l’artiste. Chaque pavillon est différent
dans sa forme comme dans ses proportions. Ils évoquent des architectures
modernistes à l’échelle de l’espace intérieur.
Pour chaque film le regard du spectateur se concentre sur différentes
formes, se jouant de la symétrie, de matériaux singuliers
comme le cuivre, des pierres, une branche d’arbre, un morceau
de viande, du papier transparent. Bojan Sarcevic poursuit l’exploration
de sujets récurrents à son travail, l’architecture,
la mémoire, le passé, les ornements, à travers
ce qui évoque des éclats, des fragments, de ville, de
paysage, dont la transparence trouble la matérialité.
La sensibilité des films révèlent des visions
fugitives, fantomatiques, spectrales, tour à tour sombres ou
d’aquarelles.
Le spectateur est invité à circuler d’un pavillon à un
autre, dans un temps orchestré par la durée des films.
Etape par étape.
Dans chaque espace les projecteurs de film sont également présentés
sous cloches de plexiglas, transparentes elles aussi.
Ces architectures jouent à la fois d’ouverture et de concentration
et semblent un écho parfait aux salles du Crédac, prévues à l’origine
par l’architecte du lieu, pour être des salles de cinéma.
Claire Le Restif
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