Treizième rendez-vous avec les jeunes diplômés
des Ecoles d'art de Bourges, Limoges et Clermont-Ferrand, sélectionnés
cette année par le vidéaste Pierre-Jean Giloux, l'historienne
d'art, Anne Malherbe et le directeur de l'Espace Croisé, centre
d'art contemporain à Roubaix, Eric de Neuville.
Clara Aubéry (Bourges) propose des installations où se
mêlent collections de formes organiques et dessins. Dans
son garde-manger, des objets et substances sans noms « macèrent,
croupissent, s’agglutinent en une poésie vivante, en
quête d’un appétit oculaire sur lequel se réfracter,
résonner » (1).
Hermine Bosquet (Bourges) scénographie des fabliaux, des farces
avec des personnages et des animaux
récurrents. Elle imagine le monde contemporain tel un grand
banquet ou un cabaret… dans lequel ironie, cynisme et
naïveté se conjuguent sous les couleurs criardes de ses
peintures (3).
Kang Hyun-Wook (Limoges) met en scène ses difficultés à communiquer
dans des vidéos burlesques. Par le biais
de « l’auto-filmage », il tourne en dérision
ses problèmes de langage, mais aussi de son rapport à l’autre,
au monde.
Vicky Fisher (Bourges) emprunte au monde de l'entreprise ses stratégies.
Elle se propose d'asseoir et de
légitimer la pratique artistique au coeur de l’appareil
de production, au plus près de ses effets au quotidien, pour
mieux
l’infiltrer.
Audrey Frugier (Bourges) juxtapose le banal et le précieux,
le « high » et le « low ». En jouant de références
et
de paradoxes, elle remet en cause la perception du spectateur avec
des matériaux suscitant le toucher qui flattent le
regard et l’induisent en erreur. Elle s’empare des clichés
et de la culture populaire, utilise des objets courants en
imaginant des fictions et réinvente leur emploi. Son travail
reflète un certain engouement pour le clinquant et le décoratif
et évoque le charme ambigu du faux (2).
Zhang Fentei (Limoges) propose une relecture de la performance et de
ses avatars. Elle éprouve dans ses
performances de très longues durées, sa propre résistance.
Les vidéos qui témoignent de celles-ci se donnent à voir
dans
des lieux de passages, là où le spectateur peut suivre
par bribes les évolutions, et l’intrigue de son travail.
Claire Molle (Clermont-Ferrand) s’intéresse aux hybridations
organiques, botaniques et biologiques créées par
l’homme. Elle invente une science de la génétique
et du clonage au travers du dessin, de la sculpture, de la vidéo
et de la
photographie. De ses manipulations génétiques naissent
des espèces animales et végétales imaginaires
et souvent
grotesques.
Marion Reuge (Clermont-Ferrand) puise son inspiration dans la nature.
Au travers d’une vidéo projection, elle
s’attarde sur l’observation de concrétions de stalactites
qui, dans un ballet de micro-organismes, de transformations, de
mues, de variations de couleurs, invitent le spectateur à une
expérience visuelle et sonore (4).
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