Corinne
Sentou crée des figures imaginaires et symboliques, des « mythologies
modernes », en
jouant de codes visuels de différents domaines artistiques.
Elle construit des espaces, des
sculptures, en découpant, pliant, peignant ou dessinant tous
types de formes. Ses mises en scène
délicates sont régies par un principe de symétrie
: la question du double jeu entre réalité et
immatérialité.
Ses problématiques de travail s’articulent autour de l’agencement
et du désir. Du rose omniprésent
aux dessins - découpages, elle redonne à voir l'espace
et le temps comme condition de notre
sensibilité, et propose un nouveau territoire à travers
des oeuvres en devenir aux formes multiples.
Trois dimensions sont explorées : l’onirisme, la fiction
et la réalité.
Corinne Sentou conçoit son exposition à l’Hôtel
de Viviès comme la mise en place de«
tableaux pour rêver » et d’univers fantastiques
qui incitent chaque visiteur à s’imaginer
des histoires à partir des différents éléments énigmatiques
présentés.
L’artiste investit l’espace en marquant une gradation
vers la 3eme salle. Le visiteur part de l’univers
fantomatique de la 1ere salle plongée dans l’obscurité où seuls
les dessins et personnages au mur
bénéficient d’un éclairage très
pointu. Puis il passe dans une 2eme salle plus proche de la « réalité humaine » pour arriver dans la dernière salle inondée
d’une lumière blanche, matérialisant une
radicalité artistique.
Les murs des trois salles sont peints en rose, une couleur « support
d’histoire » dit-elle.
Des dessins collés sur du miroir dépoli argent, des
personnages découpés dans de l’adhésif
velours noir Vénilia habitent les murs des deux premières
salles. Les motifs : des animaux, des
silhouettes, des paysages que l’artiste réalise sur
une palette graphique et qu’elle conserve dans une
banque de données. Les dessins proposés sont ainsi
des mixages et assemblages d’images pré produites.
Ils représentent, pour l’artiste, une référence
fabuleuse et extravagante, un ailleurs fantastique de
l’imaginaire dans le réel, une sorte d’espace
des possibles.
Dans
chaque salle, une sculpture plate en plexiglas est suspendue au
plafond, au centre de la
pièce, à la place du lustre. Il s’agit du « phénix
dans le cocon », le personnage principal eté
nigmatique de l’exposition qui indique la capacité de
transformation des images et des êtres.
Deux
phrases, dans la 1ere et la dernière salle, ponctuent
l’exposition et nous renvoient à des
univers spécifiques et énigmatiques. « A Word
For Shadows Like Myself » extrait d’un poème de
Shakespeare, lui-même inspiré du songe de Poliphile
et, « Yesterday Is Gone », extraite d’une
chanson de Marianne Faithfull sont des phrases clés. Les mots
sont découpés dans du velours
noir, une matière douce qui confère une présence
très forte.
La musique est un élément à part entière
de l’exposition et joue un rôle essentiel. Corinne Sentou
a
passé commande d’une bande son à Victor Carlier,
musicien, avec le désir de construire l’exposition
comme une partition rythmique ponctuée par de longs silences.
En parallèle à son travail artistique, Corinne Sentou
produit des objets de design notamment pour
Hermès, Cartier et Agnès b. |