L’Institut d’art contemporain présente
une exposition personnelle d’Anthony McCall. Ce cinéaste,
anglais d’origine, s’est fait connaître dès
les années 70 par ses films de « lumière solide » comme
l’un des protagonistes du cinéma expérimental.
Après avoir interrompu cette pratique pendant vingt ans, Anthony
McCall la réactive au cours des années 2000 et plus
particulièrement à l’occasion de l’exposition
Into the Light organisée par le Whitney Museum of American
Art en 2001.Représentatif, voire symbole de la migration de
la création cinématographique vers la scène
artistique, Anthony McCall sillonne aujourd’hui les espaces
d’exposition de l’art contemporain.
Anthony McCall
Cinéaste d’origine britannique installé à New
York, Anthony McCall réalise au cours des années 70
une série de films de « lumière solide »,
qui pose les bases d’un nouveau « cinéma géométrique » et
inaugure une création expérimentale nourrie à la
fois de la scène artistique et de la création cinématographique.
Line Describing a Cone, est, dès 1973, emblématique
des recherches de l’artiste. Avec ce premier Solid film, et
selon un principe d’économie de moyens, Anthony McCall
affirme la spécificité du cinéma dans ses propres
composantes, à savoir le phénomène de projection
lui-même, et privilégie une dimension à la fois
performative et processuelle (l’œuvre s’énonce
telle qu’elle est et s’expose telle qu’elle devient).
À
la différence des premiers Solid Films, les installations
récentes d’Anthony McCall sont réalisées
non plus à partir de formes géométriques simples,
mais de combinaisons de lignes et de courbes sinusoïdales oscillantes.
Ces films, à travers des formes plus complexes et irrégulières,
impliquent un processus de visualisation différent par rapport à Line
Describing a Cone, notamment : mémorisation de ce qui s’est
passé et anticipation de ce qui va se produire. Le changement
de motif s’accompagne de l’adoption d’un nouveau
mode de projection. Les premiers films étaient directement
tracés à la surface de la pellicule au moyen d’un
stylo bille, d’un compas et de gouache blanche. Aujourd’hui,
les films d’Anthony McCall ont une dimension technologique.
L’artiste utilise des logiciels de design : pellicules et projecteurs
16 mm ont été troqués contre fichiers numériques,
ordinateurs et vidéo projecteurs.
Les films d’Anthony McCall ne se réduisent pas à l’élucidation
de leur propriété formelle : les « sculptures » apparaissent
en réaction au lieu d’exposition. Le spectateur fait
alors l’expérience de la lumière – une
expérience matérielle : il est invité à frôler
le faisceau, lui tourner autour, le traverser et à aller se
glisser en son centre. Pour que l’expérience soit totale,
elle doit être à la fois intérieure et extérieure.
Exposition / Between You and Ietautres films de lumière solide
Sur une proposition de
l’Institut d’art contemporain,
Anthony McCall présente pour la première fois trois
films simultanément, développant ainsi une réflexion
sur la question même de l’exposition. Doubling Back (2003),
Turning Under (2004), et You and I, Horizontal (2005) sont issues
des œuvres des années 70 – temps et espace réels,
projections réalisées dans une brume évanescente,
cycle de vingt à trente minutes –, et les réinterrogent.
Moins sur le mode d’un parcours traditionnel que sur un principe
de distribution, Anthony McCall fait se répondre ces trois œuvres
dans l’espace de l’Institut d’art contemporain.
D’autre part, l’IAC propose l’installation ponctuelle
de Between You and I (2006), une œuvre monumentale, dans un
espace extérieur aux dimensions appropriées.
Événement
Présentation de Between You and I (2006), le soir du vernissage,
au Transbordeur (3 boulevard Stalingrad, 69100 Villeurbanne).
Mercredi 15 novembre 2006 à 21h – entrée libre
Publication
L’Institut d’art contemporain coédite un numéro
spécial de la revue Semaine consacré aux œuvres
récentes d’Anthony McCall avec un texte de Philippe-Alain
Michaud (Conservateur cinéma au Musée national d’art
moderne, Centre Georges Pompidou, Paris).
Parution : vendredi 1er décembre 2006
Conférence – projection
Philippe-Alain Michaud
cinéma attitude (pour une histoire élargie du cinéma)
Dans le cadre de l’exposition d’Anthony McCall, l’Institut
d’art contemporain propose à Philippe-Alain Michaud,
conservateur cinéma au Musée national d’art moderne,
d’inaugurer par une conférence – projection un
cycle consacré au cinéma expérimental.
Jeudi 14 décembre 2006 à 19h – entrée
libre
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