Né en 1938 à Chicago, Tom Blackwell
est un des maîtres de l’hyperréalisme américain.
Appartenant à la première génération des
hyperréalistes américains des années 60 et 70,
Blackwell transpose ses photographies en peinture avec une qualité picturale
exceptionnelle créant une ambiguïté entre ces deux
modes de représentation du réel. D’après
Tom Blackwell : « l’objectif déforme en fonction
des conventions classiques de la perspective ou des besoins de la représentation
picturale ». La vision de l’artiste est totalement objective
et froide.
Expressionniste
abstrait à ses débuts, Blackwell s’intéresse
ensuite au Pop Art. Influencé par Rosenquist, il travaille
d’abord d’après des images de magazines, mais
dès le début des années 1970 les motos apparaissent
comme les sujets principaux de sa peinture. Vers 1973, son approche
du sujet évolue : les mêmes engins photographiés à l’extérieur, à la
lumière naturelle et en plan large, retrouvent leur fonction
tout en gardant leur beauté rutilante d’icônes
de l’art contemporain. Les jeux des lumières et réflexions
sur les surfaces polies ou chromées des motos renforcent le
caractère photographique de l’image.
Blackwell continue à explorer le thème du reflet avec
ses représentations de vitrines dès 1979. Il joue sur
la réalité et sa représentation dépeignant
l’espace complexe entre les mannequins exposés dans
les vitrines de boutiques et les passants reflétés
sur le verre avec des glacis de couleur transparents posés
au pinceau en couches très minces.
La peinture de
Blackwell s’appuie sur les particularités
et la syntaxe de la vision photographique : « Je m’intéresse à la
manière dont vous voyez les choses, et, comment cette vision
a été modifiée par les médias. De nos
jours, photographies, films, télévisions, magazines,
etc... font autant partie de notre réalité que les
phénomènes en eux-mêmes. Ils modifient profondément
notre perception des phénomènes réels.»
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