Cette exposition, sous l’apparence d’une
confrontation de deux esthétiques et de deux
univers différents, semble annoncer l’ère du “post-humain”.
Par la présentation d’un monde en perdition où l’animalité domine
pour Cheyco Leidmann,
et par l’austérité des architectures de José Manuel
Ballester, c’est un environnement hostileà l’être humain qui se déploie sous nos yeux. Les
mises en scène de Leidmann, d’une violence
rare, présentent les travers de l’humanité tandis
que José Manuel Ballester évacue toute
possibilité de vie dans des environnements qui oscillent entre
l’utopie urbaine et des
constructions gigantesques en cours de réalisation. Les deux
univers de ces artistes sont
confrontés dans cette exposition pour montrer, au delà des
considérations esthétiques, la
perte de l’individu.
José-Manuel Ballester, né en 1960 à Madrid, cherche à représenter,
dans ses photographies,
des espaces intérieurs d’une beauté froide, désintéressés
de l’humain. L’absence de lumière
naturelle, d’ouverture sur l’extérieur renforce
l’artificialité des architectures et l’impression
de
vide. Les architectures que Ballester photographie, par un travail
sur le cadrage et la lumière,
deviennent des éléments abstraits et irréels dénués
de toute fonctionnalité. Dans ses derniers
travaux, réalisés en Chine, Ballester confronte la réalité urbaine à l’utopie
architecturale.
Dans ses compositions, il mêle les panneaux publicitaires des
futures réalisations d’immeubles,
aux lieux où celles-ci seront réalisées, brouillant
ainsi futur et réalité.
Cheyco LEIDMANN vit et travaille entre les Etats-Unis et la France.
Loin de se contenter de
provoquer, Leidmann met en scène un univers grotesque, incitant
le spectateur à pénétrer
dans son théâtre érotique et burlesque : en effet,
il peint un monde cauchemardesque, où il
se joue de nos stéréotypes tout en mettant en scène
les éléments brûlants de notre actualité.
Cette série constitue une vision d’un futur où l’apocalypse
domine.
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