Face à la peinture, il y a toujours les
questions du geste et de l’origine du rendu de ce geste qui
sont posées à mon regard, ma sensibilité, mon
enthousiasme à regarder ou découvrir. Entre collage,
peinture et gravure, utilisant les trois techniques dans une superposition
subtile, Didier Hagège me permet encore une fois de poursuivre
ma recherche d’artistes qui, loin des modes et de l’effet
bruyant du bavardage publicitaire, où l’œuvre est
réduite à une démarche de marketing sociologique,
tentent de montrer avec leur geste propre une réalité qui,
finalement, n’a aucun sens ni message. Seule l’œuvre
peinte se présente à moi et provoque mon éblouissement,
indépendamment du sujet ou de tout ce qu’il suggère
dans mon intellect cognitif en référence à une « idée » ou
un « concept ». Ensuite la question de l’origine,
c’est-à-dire de la référence ou de l’histoire,
intervient pour évaluer la justesse de mon sentiment de plaisir
qui pourrait être trompé par l’usurpation du geste
d’un autre par simple mimétisme. Avec Didier Hagège,
j’entrevois un geste propre, non emprunté, mais qui
dialogue avec d’autres artistes quant à son rapprochement.
Il est de « la même famille » que ces autres artistes
qui provoquent aussi mon éblouissement à savoir Pizzi
Cannella, James Brown, Miquel Barcelo, José Maria Sicilia,
etc…..
C’est donc en connaissance de cause, comme à chaque fois,
après interrogation approfondie de l’œuvre, que je
présente aujourd’hui cet artiste à votre regard
critique. Il a emporté mon adhésion après une
reconnaissance internationale déjà bien établie
lors d’un long parcours de peintre. Il ne m’avait pas attendu……
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