Dans le contexte des Caraïbes si vitaliste,
engourdi par la lumière intense, éblouissante, l’action
et le sens se bifurquent constamment. Les faits et les paroles se
confondent et s’enlacent fréquemment comme réalité et
désir dans un contexte culturel sans modèles.
L’œuvre de Víctor Vázquez ne cherche pas à fuir
cette réalité, tout au contraire, elle la convoque,
l’alimente et l’enflamme. Non seulement par le biais
des implications animistes qui défilent sans cesse, mais aussi
et d’une manière plus concrète, par le biais
d’une double lecture, d’une double interrogation et d’un
double sens qui la traverse.
L’œuvre de Víctor Vázquez absorbe ses propres
racines et les expose à la lumière des bougies comme
un complice de son enfance, de sa mémoire, de ses ancêtres,
de sa terre. Ces racines sont authentiques parce qu’elles imprègnent
chacune de ses œuvres, et grâce à elles, l’artiste
parle de la vie et de la mort.
Víctor Vázquez conçoit sûrement le corps
comme lieu de résistance d’un discours érotique
qui fuit la mort, qui sait que le désir n’est qu’une
vaine illusion et, qu’a posteriori on ne désire toujours
que pour la mort. Il ne considère pas ce corps, bien entendu,
comme un champ de bataille, mais comme un lieu destiné à s’écouler
en laissant traces, symptômes, scènes décousues
comme dans un rêve. Ceux-ci nous déplace, nous transporte
dans un autre lieu encore quotidien, de passage, toujours prêt à abandonner
son sens pour dériver dans un autre encore à établir,
dans les pages d’un livre à écrire, d’un
chemin à parcourir, d’un tatouage à graver, d’une
empreinte à fossiliser. Un corps qui vit, qui s’écoule
pour la mort, c’est en cela qui consiste sa corporéité.
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