L'oeuvre d’Alexis Fraikin a été exposée
en Europe et aux Etats-Unis.
une œuvre surprenante et rythmée ou la puissance des coloris
et des formes n’entache pas la volonté de beauté.
La peau grattée, trouée, raclée. Des monstres
qui se dessinent avant de se remplir de couleur, puis de se battre
pour gagner leurs contours. Fraikin fait tourner les toiles pour
faire parler les esprits de sa peinture. Il convoque ses drôles
de formes organico-va-savoir-quoi, figurant un monde où prime
la matière peinte, figurant la peinture, ce monstre qui a
dévoré la main de plus d’un artiste. Une peinture
risquée, écorchée, attentive et brutale. Affirmée.
Une peinture qui se sauve par le dessin et s’achève
dans un contour longtemps négocié entre le fond et
la figure. Arbitre de son chaos, Fraikin n’arrête le
combat que lorsqu’il tient enfin la bonne piste, et qu’il
peut dire de son tableau, toujours au bord du K.O., que « ça
tient ». Couché ou debout - peu importe à cette
peinture renversante qui va chercher la lumière dans des couleurs
qui n’ont pas peur de se salir. Comme les enfants, sautant à pieds
joints dans la boue. Le réel seul est beau, disait le philosophe
Alain. Fraikin est beau quand il peint, et sa peinture le lui rend
bien.
Ollivier
Pourriol
Philosophe et écrivain
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