Salla Tykkä est née en 1973 à Helsinki
(Finlande). Elle vit et travaille à Helsinki.
Les films, vidéos, photographies de Salla Tykkä sont
le reflet de l'apprentissage d'une jeune femme à la découverte
de la féminité, l'acceptation de son corps, la naissance
des désirs, de l'imagination, du fantasme et des peurs inconnues
qu'elle suscite. Si les images rapportées ne sont aucunement
autobiographiques, elles trouvent néanmoins leur source dans
l'appréhension personnelle de l'artiste de son corps et de
sa relation fantasmée à autrui, au pouvoir, à une
société fondée sur le patriarcat. Ainsi en guise
d'introduction à la vidéo Power (1999), apparaît à l'image
la phrase suivante : « Je voulais faire une œuvre au sujet
de ma mère, et tout ce à quoi je pouvais penser, c'était
mon père ». Power est un combat de boxe entre une jeune
femme en short, seins nus et un homme de grand gabarit. La jeune
femme met toute son énergie dans ce combat à priori
déséquilibré dont l'issue se concluant par la
musique du film Rocky , ne livre pourtant aucun vainqueur.
Impossible rencontre que Salla Tykkä réitère
dans une trilogie Cave (2000-2003), dont la dernière partie
au titre éponyme est diffusée au Frac Basse-Normandie.
Trois films pour lesquels l'artiste puise dans les genres cinématographiques
: le western pour Lasso (2000), le film d'horreur pour Thriller (2001),
et la science-fiction pour Cave (2003), agrémentés
de musique inhérente à chaque genre. Chaque film, sans
début ni fin, ne livre aucune explication, exclut tout dialogue
; l'interaction de l'image et de la bande sonore opérant seule
comme repères. Quelque soit le genre emprunté, un personnage
féminin, adolescent ou adulte, est chaque fois au centre de
l'histoire, prise entre des peurs, des désirs, des évitements
avec les personnages masculins. Salla Tykkä fait le choix du
cinéma, de la texture de l'image, la bande son, pour amplifier
des scènes ordinaires, en sortir des émotions fortes
où se mêlent l'irréel et l'improbable à l'instar
des images que l'on garde en mémoire ou de celles du rêve.
Dans Distance , 2003, série de huit photographies, le corps
est à nouveau inquiété. Une forêt, des
arbres vus du sol, des halos de lumière, des détails
d'un corps parfois évanescent. Tout conduit au surnaturel, à l'angoisse
et la perte du corps dans son environnement
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