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En attendant la chute" / 45x53 cm
Florent Mattei 2006
Florent Mattei, 36 ans, diplômé de la Villa Arson de Nice en 1997,
vit aujourd’hui à Paris. Il se considère comme un photographe
mais, au fil des ans, d’autres pratiques sont venues se greffer comme le
dessin, la vidéo, la sculpture. L’exposition qu’il présente
aujourd’hui tisse un lien entre ses différents travaux, réalisés
sur une période de plusieurs années, avec un fil rouge qui révèle
une obsession : le thème du « parasite ». Comme une parabole
de la position de l’artiste au sein de la société. Littéralement,
celui qui vit « au dépens de quelqu’un, de quelque chose ».
Dans la série des Incontrôlables, une femme accroupie, surprise
en train d’uriner, se fond dans un paysage rocailleux de montagne, elle « parasite » l’image
saisissante d’une nature trop réelle pour être vraie.
Dans la série « J’aime la peinture », les reproductions
au feutre de tableaux érotiques du 19è siècle sont presque
fidèles sauf que, de peinture en peinture, revient un personnage récurrent:
celui de l’artiste
Dans la série « Comment faire une oeuvre avec la notoriété des
autres », Florent Mattei pose aux côtés de figures connues
d’un monde qui l’est moins (le monde de l’art) et « parasite » leur
notoriété pour assurer la sienne, une tentative que l’on
devine totalement vaine.
Dans « Nobody », une série de 40 autoportraits en tirage photo,
le visage de l’artiste cadré serré reste impassible, mais
il porte 40 chapeaux différents, de la chapka russe au bob Ricard, qui
finissent par « parasiter » son identité, la réduire à néant.
Ces photos, ces dessins, se déploient autour de l’une de ses dernières
oeuvres, « Le TOP 48, la Compil’ Mattei » : une vidéo
de 2h45 tournée en plan fixe dans son salon parisien où il danse,
pieds et torse nus, sur les rythmes des musiques qui, de Tino Rossi à Philippe
Katerine, ont bercé son enfance, son adolescence, sa vie d’adulte,
lui-même.
Stephen Lume.
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