vernissage le jeudi 16 novembre,
de 18h à 21h
L’inventaire
et la collecte de motifs sont des principes essentiels de la pratique
photographique d’Hervé Beurel. L’exposition
Collection publique rassemble des
photographies d’oeuvres décoratives issues des programmes
architecturaux des années
60-70. Métonymies des utopies modernes, les grands formats
d’Hervé Beurel opèrent
une synthèse entre la peinture, l’architecture et la
photographie.
Les programmmes architecturaux depuis les années 60-70 s’accompagnent
souvent de
réalisations à caractère artistique issues de
la commande publique, du 1% pour la France,
ou plus directement de l’agence d’architecture. Elles
viennent prolonger ces ensembles
immobiliers d’une version décorative et ornementale à base
de bas-relief à motif répétitif
ou de mosaïque géométrique. Entre oeuvre d’art,
projet décoratif, agrément ornemental,
embellissement des villes, leur statut est incertain. Généralement
anonymes, comme le
sont souvent les lieux où elles se situent, elles concentrent à travers
la modeste diversité de leurs motifs, toute la banalité de ces habitats colletifs.
Intitulée ironiquement « Peintures en bâtiment »,
la série photographique en cours,
consiste à retrouver dans les vestiges d’une utopie
architecturale, les références d’une
esthétique moderniste, les restes d’une abstraction
géométrique et paradoxalement, de
repérer dans la banalité et la standardisation de l’environnement,
les valeurs d’exceptions
et d’originalités provenant de l’histoire de l’art.
La prise du vue photographique s’opère par un cadrage
rigoureusement déterminé par
l’objet lui-même. Ainsi décontextualisé,
il existe sans espace photographique, sans
rapport d’échelle. Il conserve néanmoins quelques
indices d’une réalité contingente,
quelques imperfections empêchant toute contemplation hypnotique
(fissures, traces
d’humidité, ombre portée…).
Chaque tableau photographique semble se confondre avec l’image
mentale que l’on se
fait communément de l’art abstrait. L’ensemble
s’apparente à un inventaire d’archétypes
visuels composant au mur une seconde image : celle rassurante et
familière du musée et
de sa collection d’art moderne.
A l’opposé, lu isolément, chaque tableau désigne à notre
regard une zone de vide, une
béance. Il paraît en retrait, laissant une surface,
une apparence que rien ne paraît habiter.
L’espace est entièrememnt saturé, sans profondeur
et sans suggestion d’un hors champ.
Parution d’une édition à l’occasion de
l’exposition.
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