une exploration de la question de la statuaire contemporaine
à partir
des collections du FRAC Limousin,
des FRAC Aquitaine, Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes
Durant l’hiver 2005-2006, le Frac Limousin présente une nouvelle
exposition thématique à partir de ses collections autour de la
question de la statuaire.
L’idée de cette exposition remonte à plusieurs
années, prolonge les recherches déjà amorçées
l’an dernier autour des relations entre photographie et sculpture,
et repose sur plusieurs constats.
D’abord, la réévaluation récente au
sein de l’histoire de l’art du sculpteur hyperréaliste
pop Duane Hanson, qui moula ses modèles pour en tirer des
répliques en fibre de verre polychromes, à la précision
quasi photographique, présentées habillées dans
des gestes quotidiens (faire les courses, bronzer, photographier,
etc..).
Par ailleurs,
la révélation internationale des œuvres
de Dinos et Jake Chapman, Jeff Koons, Charles Ray, Robert Gober,
Ron Mueck ou encore Maurizio Catellan qui utilisent très souvent
la statue (ou le mannequin, voire l’animal naturalisé)
comme une adresse visuelle directe, un principe d’identification,
au spectateur.
Ensuite, une
série d’expositions marquantes des années
90, dont la célèbre « Post-Human » (organisée
en 1995 par Jeffrey Deitch) ou encore « The Uncanny » organisée
par Mike Kelley sur la base d’une recherche historique et psychanalytique
sur la sculpture, depuis l’Egypte ancienne et la Grêce
antique jusqu’aux tendances surréalistes, hyperréalistes
et contemporaines de la statuaire.
Enfin, l’acquisition par le Frac Limousin en 2001 d’un
ensemble exceptionnel de Carl-Emanuel Wolff, Schneewittschen und
die sieben Zwergen (Blanche Neige et les sept nains). Véritable
leçon de sculpture, chacun des personnages qui composent ce « tableau
vivant » est réalisé de façon différente
: par moulage et polychromie fidèle pour Blanche-Neige jusqu’à d’approximatifs
assemblages et gestes pulsionnels pour chacun des nains.
Ainsi – même si on le savait, cela se confirme - sculpter
par modelage moulage, assemblage ou autrement aurait une incidence
psychologique partagée par l’artiste et le spectateur.
De là à imaginer une exposition « peuplée » de
personnages sculptés comme une sorte de typologie de caractères
et de manières de faire…
La statuaire
n’est pas un genre majoritaire dans les collections
de sculpture du Frac Limousin, loin s’en faut. Cependant, on
y trouve une quantité suffisante de beaux spécimens
pour explorer ce thème. Ainsi, les œuvres d’Alexandre
Gherban, Thomas Schütte, Allen Ruppersberg, Henri Ughetto intégrèrent
assez tôt la collection, plus récemment rejointes par
celles de Daniel Firman, Georg Ettl, Carl-Emanuel Wolff, Philippe
Poupet, Stephen Marsden, Wang Du et Bernard Quesniaux.
Explorer les collections des Fracs voisins permet le même
constat : la statuaire y est minoritaire. Cependant, cette recherche
permit de rassembler
en complément des œuvres susnommées des pièces remarquables
de Martin Honert,Bruno Peinado, Alain Séchas (Frac Poitou Charentes),
Olivier Blanckart (Frac Aquitaine) et Hans-Peter Feldmann (Frac Pays-de-Loire)
pour « peupler » l’exposition de personnages aux caractères
très marqués.
Enfin, ultime
hypothèse de travail, il apparaît que
parmi ces sculptures, plusieurs s’inspirent du dessin (Séchas,
Ruppersberg, Schütte, Quesniaux).
Nombreuses également sont celles qui proviennent de la photographie,
l’agrandissement pouvant ainsi être envisagé comme
une technique partagée par la photographie et par la sculpture.
Les oeuvres
de Wang Du et de Peinado sont des agrandissements en 3 dimensions
d’une image publicitaire; celle de Blanckart,
une traduction à l’échelle 1 d’une photographie
(une célèbre pochette de disque de Pierre Henry chorégraphiée
par Maurice Béjart). Celle de Firman se « reconstitue » à partir
d’un livret de photographies qui en détaille chronologiquement
toutes les étapes.
De là à envisager leur aspect particulièrement
photogénique, donc à même d’être
facilement reproduites dans les revues et les livres d’art,
il n’y a qu’un pas.
Comme un retour à l’envoyeur,
en somme…
L’exposition s’organise selon plusieurs modalités.
Soient certaines œuvres montrent des personnages isolés,
repliés sur eux-mêmes, et sont donc présentées
seules, quelquefois presque prostrées (Gherban, Ughetto).
Soient des confrontations
sont tentées et de possibles « conversations » s’établissent à deux
(Séchas/Marsden), à trois (Poupet/Feldmann/Marsden).
Enfin, certaines
installations regroupent un ensemble de personnages dont le visiteur
fait momentanémentpartie. Ils peuvent apparaître
concentrés et figés dans un instant chorégraphique
(Blanckart), ou aimantés et bouleversés par le désir
(Wolff).
en coopération
avec:
Frac Aquitaine, Bordeaux
Frac Pays-de-la-Loire, Carquefou
Frac Poitou-Charentes,
Angoulême
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