En partenariat avec le Arnold Schönberg Center
de Vienne et en coproduction avec le Théâtre du Capitole.
"
Pour moi, la peinture a toujours été comme la composition.
Elle m'a donné la possibilité de m'exprimer, de partager
mes émotions, mes idées et mes sentiments."
Arnold Schönberg
Au tournant du XXe siècle, de nombreux créateurs en
rupture avec l'académisme s'engagent dans de nouvelles voies
artistiques. En tête de ces chefs de file, le compositeur viennois
Arnold Schönberg écrit ses premières œuvres
atonales qui bouleversent l'histoire de la musique, en dépassant
les règles établies de la composition classique et
de l'harmonie traditionnelle. Durant ces mêmes années
où il compose son Deuxième quatuor, ses opéras
Erwartung et La Main heureuse, il entame une intense activité de
peintre. Cette nouvelle vocation qui a souvent été interprétée
comme une façon de se rattacher à l'univers concret
de l'image face à l'aspect immatériel de la musique,
génère de très nombreuses toiles.
Réparties en différents genres, elle évoluent
en impressions, portraits, natures mortes, esquisses de scénographies
et même en caricatures ou représentations de cartes à jouer.
Bien loin d'une simple peinture d'amateur, cet ensemble visuel catalyse à lui
seul, du symbolisme le plus tardif à l'abstraction pure, de
l'expressionnisme à un figuralisme lyrique, les principaux
courants picturaux de cette époque. Au centre de ce corpus,
une très longue série d'autoportraits où la
figure semble tantôt disparaître ou au contraire s'affirmer
dans des couleurs violentes et contrastées. Ces Visions ou
Regards ainsi que le compositeur les appelle, révèlent
toutes, telles des projections d'états d'âme, le miroir
psychique tourmenté et sensible de l'artiste.
Reconnue aujourd'hui comme une œuvre majeure, ces huiles, gouaches
ou pastels font partie des joyaux de la peinture expressionniste.
Ce phénomène rare, d'un créateur à la
fois compositeur de génie et peintre, est d'autant plus singulier,
qu'à la même époque, Arnold Schönberg fait
la connaissance du peintre russe Vassily Kandinsky, l’un des
pères de l'abstraction picturale, avec lequel il se lie d'amitié et
entretient une longue correspondance.
Coproduite par les Abattoirs et le Théâtre du Capitole,
grâce à un prêt exceptionnel du Arnold Schönberg
Center de Vienne, cette exposition événement montre
pour la première fois à Toulouse une très grande
sélection de ses peintures. Centrée sur l'autoportrait
mais ouvrant sur toutes les sources d'inspiration du compositeur,
elle présente également, en résonance directe
avec la nouvelle production d'Erwartung et Pierrot lunaire au TNT
mis en scène par Christian Rizzo, les esquisses de scénographies,
de même que la partition autographe d'Erwartung et le livret
annoté des poèmes du Pierrot lunaire. En contrepoint,
tel le symbole de l'amitié qui liait Schönberg à de
nombreux artistes de l'avant-garde, seront également exposées
deux esquisses de Kandinsky, peintes par l'artiste russe à la
sortie d'un concert de Schönberg en 1911.
Depuis la dernière grande exposition consacrée à Arnold
Schönberg en 1995 au Musée d’art moderne de la
Ville de Paris, c’est la plus grande exposition consacrée
aux peintures du compositeur en France. Un catalogue richement illustré accompagnera
cette manifestation exceptionnelle.
Commissariat :
Alain Mousseigne, directeur des Abattoirs
Stéphane Roussel, dramaturge, chargé de mission par
le Théâtre du Capitole
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